Nous sommes arrivés aux Fidji après une navigation tranquille au vent arrière, ravis d’entendre à nouveau les « Boula Boula » de ce peuple si gentil. Au port de Lautoka où nous faisons notre entrée rien a changé (toujours les mêmes douaniers, les bateaux de pêche Chuong kuo, le déchargement des cargos, le brûlis de la canne à sucre qui nous arrive parfois dessus poussé par le vent) ; mise à part les formalités qui se sont simplifiées en l’espace de deux ans. En ce début de saison il y a de nombreux bateaux Australiens et Néo zélandais au mouillage mais peu de Français ; pour l’échange de livres c’est loupé ! En ville les tarifs sont toujours aussi compétitifs et nous reprenons vite l’habitude de déjeuner dans les cantines. L’ambiance à Lautoka est des plus sympathique. Nous sommes en pleine semaine de foire ; les stands, chapiteaux, grandes roues et manèges de toutes sortes sont montés dans le parc municipal. C’est le soir que l’ambiance est à son comble ; concours de danse, élections de miss, jeux d’argent dans les vapeurs de grillades et de pop corn. C’est bon enfant, familial et très réjouissant. Nous y restons presque trois semaines entrecoupées d’un séjour baignade à Manolo (l’île hôtel à quelques milles en face de Nadi) écourté pour soigner l’œil droit de julien qui a reçu un projectile lors d’une séance de meulage sur la Mandragore. Bilan : régime de gouttes trois fois par jour pendant un mois. Rassurés alors nous décidons d’entreprendre la remontée de Viti Lévu et Vanua Levu par le Nord. La côte offre de nombreux abris ce qui nous permet de faire de petites navigations à la journée. Nous avons le vent dans le nez mais comme nous sommes protégés de la houle par la barrière de corail nous nous amusons bien à tirer des bords. La majorité des voiliers préférant visiter les Yasawas nous sommes seuls sur l’eau et aux mouillages. L’accueil dans les villages est comme de coutume très hospitalier mais nous n’y restons jamais aussi longtemps que les habitants ne l’auraient souhaité. Sur notre route les paysages varient entre mangrove et lieux propices à la baignade, Julien ira même faire de la plongée avec un couple d’américains. Et ainsi de découvertes en découvertes nous nous retrouvons à Suva, capitale des Fidji, deux mois après notre arrivée. Encore une fois nous n’aurons pas tout vu ; il nous reste de nombreux endroits à visiter lors d’un prochain séjour mais nous avons fait le choix de rallier les philippines par le détroit de Torres et le timing est soudainement devenu plus serré. Prochaine escale : Nouméa.