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vendredi 14 mai 2010

Les Marquises

Pour notre première escale en Polynésie nous atterrissons dans le petit port d’Atuana, invisible du large, sur l’île de Hiva Hoa. La cote est abrupte, de grandes montagnes s’élèvent jusqu’aux nuages. Derrière une pointe rocheuse effilée, nous nous avançons dans l’étroite baie Tahauku, les eaux d’un coup deviennent calmes et nous rejoignons, derrière la digue, une flopée de bateaux serrés les uns contre les autres. Comme tous nos prédécesseurs, il nous faut mouiller une ancre à l‘arrière en plus de celle de l’avant. L’eau est trouble, la plage dans le fond grise, loin des clichés Polynésiens mais nous sommes bienheureux d’être arrivés et de retrouver de la compagnie. Par chance, Sabine et Jean-Paul sont présents et nous invitent le soir même à festoyer sur leur voilier avec un de leurs amis Marquisiens. Nous ne sommes pas très vaillants mais nous écoutons attentivement Sylvain, typé, tatoué avec une fleur de tiaré dans sa chevelure noire nous conter les charmes et les travers des Marquises. Le lendemain, nous évitons le petit quai, pas bien pratique pour les annexes à cause du ressac, pour poser la Mandragorette contre un tronc, à terre. Le village d’Atuona est à une demi heure de marche sur une route bétonnée. Il n’est pas rare d’être pris en stop dans une de ces voitures tout terrain flambants neufs qui font la navette entre le village et l’unique station service de l’île, une des deux seule de l’archipel des Marquises. A Atuona, nous trouvons plusieurs superettes, une boulangerie et une poste. C’est un village tout simple, peu peuplé, avec vue sur mer qui s’étire paresseusement dans la vallée mais qui a une importance toute particulière car c’est ici que Jack Brel et Gauguin ont choisi de vivre leurs dernières années, pour la tranquillité. Un modeste musée leur est consacré où l’on peut voir des reproductions des œuvres du peintre et le célèbre avion jaune du chanteur sous un hangar commémoratif. Au cimetière, leurs tombes sont discrètes et fleuries. L’île est célèbre également pour ses vestiges archéologiques, pétroglyphes, tikis (sculptures de pierre à formes anthropomorphes de tailles variables), anciennes cases. C’est un bon prétexte pour faire des ballades en forêt au cours desquelles nous croisons moult arbres fruitiers sauvages, papayers, citronniers, manguiers, pamplemoussiers. Il n’y a qu’à se servir. Après avoir passé une semaine sur Hiva Hoa, nous nous dirigeons vers le sud en direction de Fatu Hiva. Entre les deux nous cabotons une nuit par ici une nuit par là dans les différents mouillages de l’île de Tahuata. Certaines baies offrent un paysage désertique ; les cours d’eau sont à sec et les chevaux sauvages peinent à se nourrir ; conséquence de la sévère sécheresse due au phénomène el Nino qui sévit depuis plus de 5 mois dans l‘archipel. D’autres, majoritaires, heureusement pour la population, sont encore luxuriantes et fournissent une fraîcheur bienvenue à partir de 10h du matin. Au village de Apatoni, nous discutons avec plusieurs artisans locaux ; le sculpteur sur bois qui travaille depuis une semaine sur un didjéridou et le sculpteur sur os qui prépare une exposition à Papeete. Le contact est facile. La population ne vit pas enfermée chez elle. Les maisons du village donnent toutes sur un unique chemin pavé qui longe la mer. Elles sont grandes ouvertes, au vent et aux bonjours. Le temps est au ralentit. Chacun vaque à ses occupations lentement. Julien se fait des amis qui l’emmènent un soir à la pêche au rouget et nous offrent des côtelettes de cabris, tirées la veille au fusil dans la montagne. L’hospitalité marquisienne n’est pas une légende ; les gens sont simples et bienveillants, le rire dans le cœur comme le souligne si joliment Brel. Après Tahuata, nous allons à la découverte de l’île de Fatu Hiva et sa célèbre baie des verges, oups pardon monsieur le curé, baie des vierges. Il faut dire que les pitons qui se dressent devant nous sont évocateurs ! Pour ma part j‘y vois plutôt des visages, plutôt protecteurs, plein d’une force étrange.J’ai du mal à en détacher le regard. Contrairement à ce que l’on a vu dans les autres îles, ici l’atmosphère est très humide. Il pleut fréquemment et de nombreux torrents descendent de la montagne. Au mouillage il y a encore de nombreux voiliers. Nous faisons la connaissance d’André ancien chef cuistot qui revient émerveillé de Patagonie. Durant notre séjour sur Fatu Hiva nous assistons également à l’approvisionnement de l’île par le célèbre cargo Aranui. Depuis 15 ans il ravitaille l’archipel des marquises deux fois par mois. Sur chaque île son passage est fêté. Et comme il transporte des touristes et qu’il faut les divertir, c’est l’occasion d’assister à des danses traditionnelles et des démonstrations des talents Marquisiens ; artisanat, savoir faire local. Quelques jours plus tard, nous faisons le plein de citrons, qui abondent dans cette île, et quittons cette superbe baie pour retourner à Hiva Hoa, plus au Nord. Nous y restons le temps de partager entre amis un gros thon jaune tout juste refroidi, faire un peu d’internet et quelques courses puis direction Hua Pu. Nous mouillons dans la petite baie d’Akahau, au vent, mais bien protégée par une digue, où se trouve le village principal. Au loin, surplombant la vallée se distingue des étranges pitons phalliques, menhirs géants ou dents de cachalots comme vous voudrez…. Nous grimpons jusqu’à une petite chapelle d’où nous avons un joli point de vue de la vallée. Une plage sur l’autre versant nous attire et nous voilà, une heure plus tard, en train de batifoler dans les rouleaux. Nous avons déjà un très bon aperçu des Marquises. Il nous reste à visiter Nuku Hiva, l’île principale. Encore une fois la plus grande bourgade des Marquises est un petit village de campagne, paisible. La baie de Taihoae est très large, ainsi, même si il y a beaucoup de voiliers, nous ne sommes pas les uns sur les autres. A terre, comme sur Hiva Hoa, les habitations, les administrations et les deux supérettes sont le long d’une route unique. Face à la mer, dans un jardin bien entretenu sont exposés de drôles de tikis. Il y a un petit musée tenu par une Américaine qui expose des pièces d’artisanat de collection. Il y a de nombreux mouillages sur Nuku Hiva, nous nous rendons pour le week-end au Nord de l’île dans la baie d’Hanao ; peut-être la plus belle des Marquises ; enfin, la plus carte postale… En effet après avoir été escorté entre les montagnes par une joyeuse bande de dauphins on se retrouve dans un lagon aux eaux claires, fonds coralliens, ceinturé de sable blanc. A terre, de grands cocotiers, quelques habitations bien entretenues, les habituels sympathies, volailles, cochons, chevaux, arbres fruitiers…Nous croisons là-bas Motai et sa famille qui travaillent sur Taihoae, mais qui se rendent dans leur faré chaque week-end avec des amis pour passer des bons moments de détente. Les siestes sont douces après un bon déjeuner de cabri braisé sous les cocotiers ; on se laisse bercer par les mélodies de Motai à la guitare et ainsi passe le temps aux marquises….

jeudi 13 mai 2010

Poissons des Marquises

Thon Jaune de 11 Kg

Tazar de 14 Kg !

La transat

La Transat Nous avons navigué 23 jours pour effectuer un trajet long d’un peu plus de 3000 milles dans les alizés E / SE du Pacifique Sud. Une navigation un peu trop vent arrière à mon goût mais qui reste assez rapide avec peu de calmes et très peu de grains, assez propice à la lecture et même à la cuisine.

mercredi 12 mai 2010

Le poisson de la transat

Bonite rayée de 12 Kg !!