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mercredi 17 février 2010

Panama

Il est temps de rejoindre Colon et de passer le Canal de Panama. Le pic d’affluence des voiliers à Panama survient dans les mois de Février et Mars. C’est pourquoi nous sommes surpris quand on arrive sur le flats le 10 février de ne trouver que deux voiliers au mouillage. Les autres attendent à la marina, très chère, excentrée de Colon mais pourvue d’une piscine et de machines à laver. Sur le Flats, Tito, notre agent, viens nous chercher le lendemain en lancha et nous débarque à Colon pour commencer toute une série de papiers. Il nous propose également des hand liners Panaméens comme solution de dernière minute si on ne trouvait pas nos équipiers (il est nécessaire d’être cinq personnes à bord plus le pilote pour passer le canal). Tito est un homme efficace, bien organisé et ses prestations sont à un tarif raisonnable. Il travaille avec des chauffeurs de taxi qui nous font passer d’un bâtiment administratif à un autre sans perdre de temps. C’est également plus sécuritaire ! Colon est une ville sale et peu sure ; genre favelas ou bidonville. Les grands axes sont gardés par des policiers mais il ne vaut mieux pas s’hasarder dans les ruelles. Depuis notre arrivée, d’autres voiliers nous ont rejoins sur le flats. Nous faisons la connaissance d’un équipage Anglais très sympathique qui se propose de nous servir d’équipiers. C’est le moyen pour eux d’avoir une première expérience avant de repasser le canal avec leur propre bateau. Après neuf jours d’attente, mis à profit pour l’entretien du voilier, le grand moment arrive enfin. Nous sommes près. Simon, Gosia et Delphine nous ont rejoint à l’heure du thé, La Mandragore a les flancs couverts de pneus emballés dans des sacs plastiques, les panneaux solaires sont emmitouflés dans des couvertures et les 4 aussières de 35 mètres sont en place. En fin d’après midi, un bateau pilote nous dépose Amado ; celui qui va nous guider pour les manœuvres dans les écluses. En une heure nous atteignons la première avec un cargo et un autre voilier. Le cargo passe devant nous et nous nous mettons à couple du voilier. Dans la chambre nous sommes maintenus bien au milieu par les 4 amarres. Comme nous sommes attachés à cet autre voilier nous devons seulement être vigilant sur un seul bord ; notre voisin surveille le sien. Ainsi nos équipiers n’ont pas trop de travail et tout le loisir de prendre des photos. Nous en avions rêvé, nous y sommes, tous émus. C’est impressionnant de voir les grosses portes de fer se refermer sur nous et l’eau monter en bouillonnant. C’est la nuit, les lumières du canal éclairent le béton, 4 hommes s’agitent sur les quais, un par amarre, de chaque coté et nous accompagnent à la chambre suivante. La première journée, nous montons de 25 mètres par l’intermédiaire de 3 sas pour atteindre le lac Gatun où nous passons la nuit. A 6 heures le lendemain matin, nous sommes réveillés par notre pilote. Nous mettons en route pour atteindre les écluses suivantes qui sont à 30 milles. Il ne faut pas traîner. Dès 8 heures, il commence à faire bien chaud sur le lac Gatun. Nous installons un ventilateur à l’extérieur pour notre pilote et distribuons régulièrement des rafraîchissements à l’équipage. C’est long. Le rivage, bien que boisé, manque de charme. L’eau est boueuse en conséquence des travaux d’extension du canal. Le paysage a un air de ressemblance avec la Guyane. Parfois nous croisons des cargos en sens inverse et nous nous demandons la raison de leur présence ici, tant ils semblent gigantesques et intrus sur ce lac paisible. Nous avons d’ailleurs salué le porte hélicoptère « Jeanne d’arc » rentrant certainement au pays. Alors que nous approchons des écluses nous passons dans un chenal plus étroit et nous apercevons le pont du centenaire. C’est ce lieu appelé le Gaillard cut qui a coûté le plus d’efforts humains. En effet la montagne a été creusée pour faire passer le canal et on raconte que les chefs de chantiers faisaient courir le bruit que la montagne recelait des gisements d’or pour motiver leurs ouvriers devant le colossal travail à accomplir. Mais le canal de Panama n’est pas fini pour autant. Sur les rives de nombreux engins s’activent encore à creuser pour établir de nouvelles écluses afin de permettre le passage des supers tankers. Nous arrivons devant les dernières chambres vers 12h et nous devons patienter une heure de plus. Cette fois-ci le cargo (différent de celui de la veille) est placé derrière nous. Nous sommes réattaché à l’autre voilier et nous pouvons commencer la descente vers le Pacifique. Elle commence par l’écluse de Pedro Miguel (moins 10 mètres) et se termine par la double écluse de Miraflorés (moins 20 mètres) après avoir traversé son lac. Cette dernière est pourvue d’un belvédère et d’un café/restaurant avec terrasse, ainsi, les curieux peuvent suivre et photographier l’évolution des bateaux dans les écluses. A 15 heures nous avons retrouvé le niveau de la mer et nous naviguons dans les eaux du Pacifique. A Balboa nous mouillons à Brisas de Amador, à l’abri d’une baie édifiée avec les rocs extraits de la construction du canal. Nous avons une vue imprenable sur les buildings de Panama city et sur le pont des Amériques. Nous retrouvons Sabine et Jean-Paul, des amis rencontrés au début de notre voyage, collectionneurs de coquillages à la bonne humeur communicative qui nous invitent dîner à leur bord. Grâce à Sabine, qui trouve toujours de bonnes opportunités, j’expose pour la première fois des tableaux dans une galerie d’art. Balboa (ou Panama city), est plus riche que Colon. C’est l’escale idéale pour faire un bon approvisionnement car la vie n’y est pas chère. On se rend en ville dans des minis bus. Ce ne sont pas les plus jolis. En effet, les autobus Panaméens valent la photo. Ce sont des camions américains peints à la bombe aérographe, très stylisés et colorés. Tuning et chrome. Nous les empruntons souvent pour se rendre dans les grands centres commerciaux. Leurs moteurs de grosses cylindrées laissent échapper dans un fracas mêlé de nuages d’huile une pollution qui recouvre la ville de Balboa. Pour récupérer les 890 dollars de caution versée pour le passage du canal nous nous rendons à l’administration bulding. C’est un bâtiment imposant, magnifique, qui abrite en son centre un patio recouvert d’une fresque illustrant la construction du canal. J’en profite pour préciser que la grosse machine de la gestion du canal est bien rodée et que nous avons toujours eu à faire à du personnel compétent. Nous restons trois semaines à Brisas de Amador pour préparer et remplir le bateau pour la traversée qui nous attend.

Le 16 Mars nous avons fait escale à Cantadora, île Panaméenne dans l’archipel des Perlas. Ce coin tranquille nous rappelle un peu la Bretagne on y retrouve la marée pouvant attendre une différence de 6 mètres par grand coéficiant et une cote rocheuse. L’eau y est claire et nous pouvons retrouver le plaisir de la baignade. Sur l’île il y a une piste d’atterrissage, quelque épiceries et restaurants ainsi que des habitations de riches Panaméens qui débarquent le week end avec leurs yachts à moteurs. L’endroit est agréable et assez tranquille il y a plusieurs îles aux alentours dont certaines colonisées par les oiseaux comme l’île de Pacheca et le petit îlot de Bartolomé où nous avons pu observer des fous à pieds bleus. Nous sommes restés aux Perlas un peu moins de 10 jours en attente d’une bonne météo.

(Album photos Amérique centrale)

jeudi 4 février 2010

Providencia et St Andres

Nous quittons Cuba fin Janvier par une journée ensoleillée avec 20 nœuds de vent au portant. Nous avons 500 milles à faire pour rejoindre les îles Colombiennes St Andrès et Providencia qui se trouvent sur notre route vers Panama. Dès le lendemain du départ, le ton est donné pour la suite de la navigation ; le vent se lève, nous passons au près et nous filons bien malgré un voire deux nœuds de courant contre nous. 4 jours plus tard nous découvrons ravis la belle silhouette de Providencia. Nous mouillons bien à l’abri du vent et de la houle dans une baie cerclée de montagnes aux formes rebondies. Entre deux grains de pluie une lumière tamisée descend leurs flancs verdoyants et l’atmosphère devient presque magique. Nous ne sommes pas seuls, il y a quelques voiliers qui se reposent. A terre, nous recevons un accueil sympathique de la part de Mr Bush ; celui qui s’occupe de la paperasserie. En fait, c’est un agent. C’est la première fois du voyage que nous avons à faire à un intermédiaire pour le tamponnage des passeports. Nous ne nous méfions pas et, bien au contraire, nous apprécions grandement ce service. L’homme nous installe sur sa terrasse dans de confortables fauteuils à bascule, il nous vante les charmes de son île et nous prête même un DVD publicitaire tandis qu’il remplit les fiches administratives. Il nous convainc sans peine de rester une semaine dans cette île campagnarde où il fait bon vivre. En effet, Providencia est de taille modeste, un peu comme l’île d’Yeux, les habitants sont souriants, aimables et pas stressés. De plus, après Cuba nous avons besoin d’une réadaptation culinaire ; les magasins sont pleins et nous retrouvons les joies d’un bon repas. Le problème est survenu avant notre départ pour St Andrès. Il se trouve que notre cher agent Mr Bush nous a demandé 150 euros qui incluent ses services d’agent et le prix de notre carte touristique. Ces îles proches du Belize sont des réserves naturelles à préserver car elles sont bordées de larges ceintures de corail. C’est tout de même cher payé pour cinq jours sur place ! On a appris plus tard que pour trois jours d’escale, les formalités étaient gratuites ! L’île de St Andrès est beaucoup plus peuplée et axée sur le tourisme que sa voisine. Le relief est également moins intéressant qu’à Providencia Il y a d’innombrables résidences hôtelières principalement fréquentées par les Colombiens de la côte. Comme dans toute station balnéaire on y trouve de nombreuses boutiques, des restaurants et des longues files d’attente à 10h du matin devant les quais des bateaux de promenade à la journée. Dans les rues tout le monde se déplace en scouters sans trop se soucier du code de la route. Ca klaxonne de partout, l’ambiance est plutôt joyeuse. Nous sommes restés deux jours, un peu déçu par le gérant de la marina qui ne voulait pas qu’on amarre La Mandragore au ponton pour faire le plein d’eau.

(Album photos Amérique centrale)