Le 26 août nous quittons Atlantic City en direction de New York, où Sylvie et Max, la mère et le frère d’Agnès doivent nous rejoindre pour passer une semaine avec nous. Après une bonne journée de navigation, nous mouillons à 3 heures du matin en face de Sandy Hook, pour ne pas traverser la baie de New York de nuit et profiter de la vue sur Manhattan. Le lendemain nous ne sommes pas déçu ! Dès le passage du pont Verrazzano, le spectacle est magique ! Nous passons devant la statue de la liberté sous un soleil radieux tandis que les buildings grandissent au fur et à mesure de notre progression. Nous écoutons la chanson « New York USA » de Serge Gainsbourg pour la circonstance et progressons au moteur dans l’Est River avec Manhattan sur notre gauche et Brooklyn/Long Island à droite. Le chenal est large mais il y a beaucoup de courant. Nous traversons quelques zones de turbulence en particulier sous les ponts. En fin d’après-midi nous stoppons devant city Island ; une île charmante située dans le Bronx. C’est l’endroit idéal pour attendre la famille au calme et se familiariser avec les transports en commun New Yorkais. Là-bas nous rencontrons une jeune Américaine qui voyage seule sur son voilier. Elle travaille dans un hôpital pour remplir la caisse de bord. Pourtant nous ne restons pas, car au bout d’une semaine, il est clair que notre dinghy est indésirable dans les marinas du coin. Au lieu de marinas, ce sont plutôt des clubs privés qui n’acceptent pas de visiteurs étrangers. En discutant avec les gérants nous comprenons que c’est une question d’assurance ??? Bref, Sylvie et Max arrivent bientôt et nous devons vite trouver une bonne place pour les accueillir au mieux. Suivant leur choix d’être au plus près de Manhattan nous choisissons finalement de mouiller devant la marina sous l’aéroport de La Guardia. Le bruit des avions est incommodant mais nous sommes à 5 minutes du métro, il n’y a pas le problème du courant car c’est un bassin fermé et nous disposons d’une douche et d’une machine à laver pour un prix très correct. Le 6 Septembre nous allons chercher la famille à l’aéroport. La visite de New York peut commencer ! Pour rentrer directement dans le vif du sujet nous attaquons en premier lieu Time Square et sa panoplie d’écrans publicitaires géants. C’est le quartier des music halls, le spectacle est permanent. Puis ballade vers le siège de l’ONU, visite de la cathédrale St Patrick coincée entre les buildings, aperçu de l’empire State building et du Rockefeller center. Lors de cette journée, Sylvie prend plus de 200 photos. Toute la semaine nous allons sillonner la ville, quartier par quartier. Je signalerais juste les meilleurs souvenirs ; traversée du pont de Brooklyn de nuit, les quais de Seaport, la vue du haut de l’Empire State Building, la fresque en hommage à John Lenon dans Central Parc, le mac’do de Wall Street, le ferry de Staten Island, Soho etc. etc….. Wouaou !!! New York a rempli ses promesses de grandeur. Sylvie et Max sont enchantés. La semaine est passée très vite et nous les quittons le cœur gros, leurs bagages emplis de souvenirs pour toute la famille. Puisque nous avons décidé d’attendre jérôme et Candice qui ont un vol sur New York le 26 Septembre, nous profitons d’être dans la capitale du jean pour faire des emplettes de Lévis pour les copains en France. Nous sommes en période de soldes alors on en profite. Nous déplaçons également La Mandragore dans un coin plus calme, à Little Bay en face de willetsPoint/Fort Totten. Pour se rendre à Manhattan on met environ 2 heures mais le voyage en bus est intéressant car il traverse un quartier asiatique de la taille d’une ville comme Angers. Comme prévu nous retrouvons donc Jérôme et Candice à leur hôtel en fin d’après-midi le 26. Nous passons la soirée avec eux dans un restaurant Mexicain près de Seaport. Nous aurions aimé, ensuite, prendre un dernier verre dans un bar jazz à Greenwich village mais nous nous sommes trompés de métro et finalement nous sommes rentrés directement à l’hôtel où nous profitons de l’une de leur chambre. Merci Air France. Le lendemain, après un petit déjeuné copieux, nous les accompagnons faire les boutiques avant leur départ prévu à 14 heures. Pour nous aussi, il est temps de quitter New York pour Chesapeake Bay. Les prévisions météorologiques sont bonnes alors pas question de traîner. Après un dernier approvisionnement nous redescendons l’Est River sous 30 nœuds de vent. Malgré une carène sale, nous nous rapprochons rapidement de Norfolk. Heureusement car à 45 milles de l’entrée de la baie, le vent nous abandonne.

Le 1er Octobre, donc, nous arrivons à l’entrée de Chesapeake Bay, une immense étendue d’eau. On peut y accéder depuis la mer par l’une ou l’autre des deux brèches dans le pont de 28 km de long qui relie les deux rives, en passant au-dessus d’un tunnel sous-marin. Brillant défit d’aménagement d’un estuaire ! On ne refait pas les américains ! A bâbord, la ville la plus proche est Norfolk et son gros complexe militaire. C’est la destination des cargos et des sous-marins que nous croisons dans le chenal. Pour notre part, nous prenons plein Nord en direction de Washington ou Annapolis, mais nous nous arrêtons avant à Fischingbay à coté de Deltaville. Dès notre arrivée nous nous sommes liés d’amitié avec Jason, un jeune vétéran de l’armée, qui a décidé de voyager un peu avec son voilier. Pour nous il s’improvise guide et nous fait découvrir la Virginie à bord de son van. Il en profite également pour nous indiquer l’adresse d’une marina qui pourra sortir notre voilier pour vraiment pas cher. Très sympa ce Jason. Dommage qu’il rentre dans sa région natale pour l’hiver. La marina où nous sommes restés un mois pour les travaux est cachée dans les bois. Nous y sommes accueillis par des gens charmants. Le grutier Frank connaît vraiment bien son affaire. Une fois La Mandragore passée au karcher, il nous place à côté d’un couple de suisses tour du mondiste toujours sur l’eau depuis les années 80 et plein de bons conseils. Sous les arbres, le bateau est très vite recouvert d’épines de pins. Nous apprécions ce chantier « nature ». A l’atelier, le soir dans une ambiance rock, on joue aux fléchettes en buvant une bière avec les gars qui s’occupent de la marina. La conversation est assez difficile entre mon anglais médiocre et leur accent très spécial, même un couple de voisins anglais ont du mal à les comprendre, mais quand la bonne volonté est là… Un samedi soir, on dégustera, lors d’une petite soirée improvisée ou presque, leurs huîtres cuites au feu de bois sur une taule ainsi que plein de plats préparés par chaque participants. Il y aura aussi Eliane et Bernard des constructeurs amateurs chevronnés et très sympathiques. Bref nous passons un bon moment dans ce quartier mais il ne faut pas trop traîner car notre visa arrive bientôt à expiration et La Mandragore a besoin d’un bon carénage avant le Pacifique. Un coup de décapage de la coque est nécessaire de façon à pouvoir appliquer un bon apprêt qui recevra les couches finales de peinture spéciale sous marine et ainsi limiter la prolifération d’algues et de coquillages. Espérons que ç’à tienne mieux ce coup ci… Bien sur on profite d’être à terre pour pouvoir réaliser tous les petits travaux que l’on ne peut faire dans l’eau. La température commence à bien fraîchir ; 7° le matin lorsque l’on a pas de chauffage c’est pas chaud ! Il ne nous reste qu’à rêver de la douceur de la Caraïbe. Il y a maintenant deux fronts froid par semaine et cela fait presque un mois que le bateau est posé sur la terre. Nous attendons le passage de l’un d’eux pour partir de façon à ne pas avoir trop de vent pour la traversée du Gulf Stream qui s’étend à plus de 200 milles au large.