Ca y est welcome to the USA. En partant des Bahamas nous coupons le Gulf Stream pour arriver à Palm Beach (Floride) où nous restons une semaine au mouillage dans le waters ways. Ce premier contact sur le continent nord américain nous confirme pourquoi l’on utilise tant de superlatifs pour décrire cette société. Effectivement que ce soit les rues, les maisons et centres commerciaux, les voitures, les sandwichs, les gens… et même les dauphins ! Tout y est surdimensionné. Le climat y est très chaud, provoquant souvent de forts grains en soirée. Nous retrouvons également les joies du marnage. Le Français est bien accueilli. Même si la communication n’est pas toujours aisée la bonne volonté des autochtones primes. La langue officielle est l’anglais mais l’on y parle aussi facilement l’espagnol du fait que la population se compose de nombreux Mexicains et Cubains. A Palm Beach le service de bus permet de se déplacer facilement le long des grands axes jonchés de centres commerciaux, il y a même moyen d’accrocher son vélo à un système fixé à l’avant. Dans le waters ways, de nombreux bateaux sont à l’ancre autour de l’inter costal (chenal balisé), qui au départ de Key West remonte jusqu’au Canada en passant par les grands lacs ! Nous sommes étonnés de la faune local, dauphins, lamantins, échassiers… qui barbotent pèle mêle dans cette eau boueuse entre les motoryachts à l’ombre des buldings ! Ce chenal a, en principe, une profondeur minimum de deux mètres et les nombreux ponts sur sa route peuvent s’ouvrir ou sont suffisamment hauts pour laisser passer les voiliers. Beaucoup de plaisanciers choisissent cette option de navigation bien abritée de la mer en contact avec la nature mais au détriment du moteur. Après Palm Beach, Sainte Augustine ; la plus vieille ville des Etats Unis, inconnue de la majorité des Américains. Son centre est de petite dimension, fermé aux voitures. C’est très appréciable. Du point de vue architectural, l’ensemble est majoritairement d’influence hispanique. On y rencontre des palais aux couleurs chaudes, des forteresses emplies de jardins ombragés et de fontaines, on admire la touche musulmane sur la coupole d’une église et on apprécie une bière bien fraîche dans une taverne joliment restaurée à l’ambiance country… Pourtant, quelque chose sonne faux. Peut-être ces innombrables boutiques attrape touristes et le mélange pas toujours réussi du vieux/neuf comme dans la confrontation du prestigieux Flagler College et du ridicule palais milles et unes nuits. Nous profitons de l’escale de Sainte Augustine pour réviser les voiles de la Mandragore, merci Steve, et sympathiser avec des artistes locaux. Malgré cette bonne ambiance, nous ne nous attardons pas car la saison cyclonique approche bien vite. Le 21 Juin nous quittons Sainte Augustine pour Charleston. Une escale en Géorgie s’est avérée nécessaire pour attendre le vent qui décidément n’était pas au rendez-vous. Nous avons amerris en face de l’île Simons, auprès d’une marina flambant neuf dans un marécage isolé. En réalité, la civilisation n’était pas cachée bien loin ; en une demi heure de marche nous nous sommes retrouvés dans un de ces gigantesques centres commerciaux dont les Américains ont le secret. Nous avons pu louer des vélos et nous avons passé une journée légère et charmante dans les sous-bois Géorgiens à visiter L’île Simons, son phare, la plage et à prendre le temps d’admirer les prises des pêcheurs du dimanche. Trois jours après notre arrivée à Limier nous avons repris la route vers Charleston que nous avons atteint le 26 Juin. Cette ville qui grosso modo a la taille de Nantes est vraiment belle et harmonieuse avec ses grandes maisons blanches coloniales et ses innombrables arbres en fleurs. L’atmosphère est sereine. Quelques ruelles sont encore pavées au bord du waters ways et au hasard des promenades on découvre des passages secrets qui mènent à de rafraîchissants jardins publics. Un coup de cœur également pour le Market ; vaste hall tout en longueur qui couvre l’exposition du travail des artistes/artisants locaux. Le lieu est animé ; c’est le départ des calèches, taxis vélos et des pittoresques bus qui parcourent la ville.

Le samedi 4 juillet nous assisterons à la fête nationale américaine de l’indépendance day ; feux d’artifice pas terrible, pourtant les américains nous avait habitué à mieux en Irak !

Prudents, nous avons attendu une bonne fenêtre météo pour quitter Charleston en direction d’Atlantic City située environ 600 milles plus au Nord. Dès la première journée, le vent annoncé a faibli et nous avons passé la nuit à la dérive. Le lendemain, au lieu d’être Sud, le vent soufflait Nord Est, en plein sur notre route. Ne pouvant se fier aux prévisions météorologiques, nous sommes allés chercher le courant du Gulf Stream au large. Cette option nous a permis d’avancer jusqu’au Cap Hatteras malgré la faible brise. Dans son secteur, nous avons retrouvé le vent et La Mandragore a bien filé. Heureusement, sinon nous étions cuits ou mouillés… De nuit, un cargo, dont l’officier de quart était probablement endormi devant son radar, nous rattrapait avec un grand risque de collision. Il a fallu qu’on allume la lumière du portique arrière in extremis pour qu’il nous aperçoive enfin. Mais, dans la panique, alors que pour nous éviter, il lui aurait suffit de s’écarter sur bâbord, il a subitement viré sur tribord. La poupe de La Mandragore et nos deux cœurs ont vibré à l’unisson. Finalement, le danger est passé sans heurts mais il est certain que sans notre vitesse de déplacement il nous aurait percuté. 24 heures plus tard, le vent nous a une nouvelle fois abandonné pour ne resurgir qu’aux abords d’Atlantic City. Nous sommes arrivés devant cet halo de lumière 8 jours après notre départ de Charleston. Comme la marée était descendante nous avons attendu le petit jour pour se faufiler dans l’inlet et prendre du repos. Nous avons mouillé au calme dans un lac peu profond (tirant d’eau max pour rentrer 2m par coef moyen, coordonnées N39.22.87 W74.25.31). C’est ici, bien abrité au milieu d’un quartier résidentiel, que nous avons laissé La Mandragore au mouillage pendant trois semaines. Atlantic city, située à moins de deux cents kilomètres au Sud de NY, pas loin de Washington et de Philadelphie, est une station balnéaire avec une Vingtaines de gros casinos où l’on peut y voir beaucoup de retraités et de touristes. La ville est bien desservie, il y a un aéroport international, une grosse liaison de cars et un bon service de bus. Au bout d’une semaine, nous ne sommes pas mécontents de quitter ces décors de casinos ; buildings brillants dans la journée et luminescents la nuit sur lesquels défilent de la publicité avec le drapeau américain toute les deux minutes. Ah c’est beau le patriotisme ! Le 29 juillet nous prendrons un car Greyhound pour aller voir un ami à Montréal via un arrêt à NY.