Nous voici en Mars, c’est l’heure de retrouver mes parents à Point a Pitre qui vont vivre avec nous une quinzaine de jours. Pour rallier la Guadeloupe, nous naviguerons coté Est, sur une route que la Mandragore commence à bien connaître. Encore une fois, la joie prédomine dans ces retrouvailles après un an et demi d’éloignement ; d’autant plus que la grève a cessé la veille et que nous pourrons librement leur faire visiter la Guadeloupe. Nous profiterons d’être à Point à Pitre pour emprunter la rivière salée. Lever à quatre heures du matin pour une ballade nocturne entre les ailes du papillon. De l’autre côté, le soleil se lève. Le décor est étonnamment calme et contraste avec le reste de l’île balayé par les alizés. Le lendemain est plus venteux et nous décidons de gagner Montserrat. Arrivés à Plymouth, nous découvrons très surpris que l’ancienne capitale au pied du volcan est sinistrée, vide de toute âme. Nous ne résistons pas cependant à mettre pied à terre. Le spectacle est désolant, digne d’un scénario d’apocalypse. Et, tandis que nous déambulons entre les ruines partiellement enfuies sous la cendre encore chaude, un épais nuage de poussière dévale la pente. Séance frisson, doublée de l’apparition d’un taureau en colère (mais c’est une autre histoire)!! Nous apprendrons par la suite que toute cette zone est interdite car le volcan est encore en activité. Nous y restons la nuit car le mouillage est calme et quittons Montserrat aux premières lueurs du jour en direction de l’îlet Pigeon. C’est l’occasion pour papa et moi d’une plongée dans la réserve Cousteau. Nous profiterons également de cette escale pour louer une voiture et aller visiter la soufrière culminant à 1467 mètres. La monté est assez raide mais le détour vaut la peine. Enfin, nous nous installerons quelques jours dans l’archipel des Saintes pour s’adonner à la baignade et la marche dans ces décors si agréables. Les quinze jours de vacances sont écoulés et mes parents doivent se résoudre à quitter ce département Français si ensoleillé. Pour notre part quelques problèmes techniques à régler et l’on se retrouve bientôt pour d’autre aventures. Le 09 Avril nous arrivons à la Barbade après une navigation de 100 milles cap SE contre vents et courants. Malgré notre départ un peu précipité de Martinique nous sommes arrivés à temps pour notre rendez vous à l’ambassade Américaine de Bridgetown. Munis des formulaires préalablement remplis sur Internet, nous craignions tout de même de n’avoir pas tous les justificatifs nécessaires pour obtenir les visas US. Finalement, les formalités se sont déroulées dans la bonne humeur avec une facilité confondante. Nous sommes restés une petite semaine, heureux de partager le mouillage avec deux tortues, charmés par la courtoisie des habitants. Je ne sais qu’elle a été la part d’influence de nos démarches administratives sur nos impressions globales de l’île, mais la Barbade nous a semblée très américanisée…. Le 15 Avril cap au N sur Antigua, belle navigation au portant et un Tazar suivi d’une Bonite à la clef. Le 17 au matin, arrivée extraordinaire à Antigua au beau milieu de la régate des vieux gréements. Ni une ni deux, voilà que notre vénérable Mandragore parée de sa belle robe verte, toutes voiles ouvertes, parade comme un fringuant coursier. Nous passerons deux nuits à English harbour, l’ancien arsenal de la navy, le repère de Nelson. Puis nous partirons pour St Barthélemy l’île française, zone franche, braquée sur le tourisme de luxe. Grâce au guide du musée de l’île nous avons eu un bon aperçu de l’ambiance détestable qui règne entre les différents occupants de St Barth. Les locaux, paysans Bretons d’un côté, les touristes, grosses fortunes de l’autre. Côté géographie, quelques heures de scouter suffisent pour faire le tour de l’île, découvrir des plages paradisiaques et le site des salines qui vaut le détour. Le 23 Avril, quelques vingt milles plus tard, nous avons installé notre campement à St Martin ; cette île hors taxe Franco Hollandaise où les prix et le choix pour le matériel de bateau est assez intéressant. Fidèle à leur plat pays les Hollandais, qui avaient certainement trop bu lors du partage de l’île, se retrouvent avec le coté le moins vallonné et ne couvrant que 2/5 de l’île, en outre ils ont les salines. La légende veut que la frontière fût tracée après une course à pied au pourtour de l’île entre un Français et un Hollandais. L’île n’a pas un grand charme et l’ambiance y est assez triste, c’est en effet le lieu de rassemblement pour la transat retour des Français. Au mouillage dans la baie du Marigot on peut voir de beaux Barracudas flânant à l’ombre des coques de bateaux. Nous sommes restés une semaine, le temps de faire l’approvisionnement, l’achat de matériel pour le voilier et de passer voir le dentiste.