La saison des cyclones n’est pas encore terminée, c’est le moment de se rendre sur Les Grenadines et de profiter de mouillages encore peu encombrés. Cette zone des Antilles est très prisée pour ses fonds magnifiques et ses grandes plages de sable blanc à l’eau turquoise. Nous commencerons par Grenade dont la ville principale, partiellement détruite par un cyclone, est St Georges. La visite de cette cité commence par la découverte du bassin portuaire dans lequel se miroitent les façades colorées des maisons. Une multitude de barques de pêche y séjournent, portant des noms qui témoignent de la grande religiosité de la population. Plus haut, on aperçoit les ruines des églises qui nous invitent à grimper dans le cœur de la ville. Les ruelles sont étroites, bordées de beaux bâtiments en brique. Nous déambulons avec plaisir, amusés de l’influence Anglaise sur l’architecture. Après une visite aux douanes, moins contraignantes qu’à Tobago, nous partons pour Cariacou. A partir de là et ce jusqu’à saint Vincent nous avons eu un problème d’appareil photo. Nous nous excusons de ne pas avoir beaucoup d’images à vous offrir de cette ribembèle d‘îles toutes plus cartes postales les unes que les autres. La navigation entre ces îles se fait rapidement, grâce à de faibles distances et des vents d’alizé. Nous sortirons de l’eau un excellent Barracuda. Devant Cariacou, la plage de Sandy Island et son lagon offre des eaux très claires où l’on y croise tortues vertes, raies et Pélicans. Certaines boutiques ont des devantures très atypiques. Union est l’île pour faire son entrée dans Les Grenadines en venant du Sud. Le port de Clifton est ceinturé par une barrière de corail. En face il y a Petit St Vincent et son passage entre Punaise et Morpion. Au Nord c’est Les Tobagos Cays. Cette zone classée est constituée de petits îlots protégés par une barrière de corail. Faune et flore remarquables ! Bientôt la suite… Voici venu le tour de St Vincent, île qui n’a pas très bonne réputation mais où nous resterons 2 jours dans la baie de Château Bel Air à côté du village de Petit Bordel. A terre on peut aller se rafraîchir sous de très belles cascades situées plus haut dans la montagne. Sur le chemin se trouve le pipeline d’alimentation, construit dans un autre siècle en bois cerclé de fer, véhiculant l’eau douce pour le village. Nous en profiterons pour faire notre sortie administrative avec une scène de tamponnage dans tous les sens très rocambolesque où il me fallu sortir prendre l’air pour ne pas offusquer les douaniers tellement je ne pouvais contenir mon rire. Nous ferons escale au Sud de St Lucie où nous passerons une nuit tranquille entourés d’une eau aux couleurs turquoises, sous la surveillance des deux pitons. Par contre, il est dommage que ce site soit enfermé dans un complexe hôtelier. Pour descendre à terre il faut, soit se déplacer avec le voilier, soit utiliser le taxi boat. (Pas très bon marché) Le lendemain nous partirons pour Marigot bay où se trouve l’encombrante base nautique Morning avec une cinquantaine de voiliers de location. Nous ferons un dernier mouillage à Rodney bay, au nord de l’île, avant de rejoindre la France, pays de la gastronomie. Nous resterons en Martinique au port du marin une dizaine de jours. Cette escale est l’occasion de finir les peintures de ponts, de faire l’avitaillement, de retrouver des copains navigateurs. Puis nous mettons le cap sur La Guadeloupe via la Dominique où des amis doivent nous rejoindre. Le temps est à la pluie en ce mois de Décembre, heureusement la température et le vent d’alizé sont très agréables. Après une nuit de relâche à Portsmouth (nord Dominique) nous voici à l’Ouest de la Guadeloupe, dans la baie de Deshaies prêts à accueillir Stéphane et Alex. Ils se rappelleront sans doute la ballade en bateau avec le passage du canal ( assez musclé) pour se rendre aux Saintes. Cet archipel abrite des eaux très claires, riches en poissons. En marchant à l’intérieur de l’île on aperçois souvent des Iguanes. Sur le chemin du retour à Deshaies nous n’avons pas manqué l’île Pigeon et la réserve Cousteau. Cet îlot est célèbre pour ses fonds magnifiques. Ce sera pour Stéphane l’occasion de découvrir le monde du silence en plongeant en bouteille par quinze mètres de profondeur. Le quinze Décembre nous arroserons mes trente et une bougies comme il se doit dans leur charmant chalet. Et puisque Agnès et moi avons bien apprécié les Saintes, nous y passerons Noël. Pour la circonstance nous aurons le droit à une sérénade de cornemuse venant du bateau voisin histoire de nous rappeler la Bretagne. Le mois de Décembre est bien chargé en visite. Quelques jours plus tard, nous mettons le cap sur St François pour accueillir Grand frère, sa famille ainsi que des amis ; Stéphanie, Antoine et leurs deux garçons. Nous fêterons le nouvel an tous ensemble à St François où ils ont une location à la semaine. La semaine suivante ma nièce Eléa, accompagnée de son frère Timotei et de Jules (moyenne d’age confondue cinq ans) auront le plaisir de goutter la joie de la navigation au près dans les canaux. Un peu de peur et de vomi plus tard (merci encore Jules d’avoir ouvert les festivités) nous débarquerons tout ce beau monde dans le port de Grand bourg à Marie-Galante où une somptueuse villa les attends pour une dernière semaine de vacance. Dans cette île essentiellement agricole, le temps est au ralenti. Les rapports avec la population agréables et sincères. La canne à sucre omniprésente… Je profiterais de la venue d’Antoine pour m’initier au Kite surf. Quelle joie de revoir la famille pleine de vie ! Allez, avant que la nostalgie s’installe, cap sur La Martinique, via la côte au vent, où nous avons quelques jours devant nous avant l’arrivée du père d’Agnès. Nous passerons au Marin avant d’élire domicile aux Anses d’Arlet. Séduits par le charme de Grande Anse ; idéale pour la baignade, l’observation des tortues, des beaux vaisseaux de passage et par la sympathie des habitants, nous y resterons plus d’un mois. Jean et Isabelle ont une location pour une semaine à l’anse Mitan un peu plus à l’ouest. Une semaine c’est court surtout qu’ils veulent en voir et en profiter un maximum. Autant dire que cette semaine fut chargée et qu’elle est passée très, trop vite. Et parce qu’elle fut pleine d’émotions des retrouvailles il est difficile de choisir quels moments en extraire. Je pense qu’unanimement nous avons tous apprécié la visite de l’habitation/distillerie Clément, élégante propriété bordée de champs de canne, soigneusement mise en beauté. Ainsi que nous a enchanté le bain dans le passé de Saint Pierre, perle des Antilles ou encore « Petit Paris » qui en soixante sept secondes fut soufflé par la colère de la montagne Pelée. Grâce aux dons oratoires du guide « Pierrotin » du petit train nous nous sommes plongés l’histoire d’une heure dans cette ville qui en 1902 offrait un confort que l’on ne pouvait retrouver à cette époque là que dans une grande capitale comme Paris : électricité, théâtre, commerce…. Côté nature, petite escapade physique à la rivière falaise et séance de canoë dans la mangrove avec plongeons et renversements en tous genres. Nous retiendrons également le plaisir d’être ensemble ; dans la Kia Picanto, sur la Mandragore, ou bien à déguster des langoustes, du lambis, des accras et autres victuailles Antillaises. Et comme dans la famille Vandenberghe, l’essence d’un séjour réussi est la part d’imprévu, nous retiendrons tous la dernière soirée, où, rentrant prendre un dernier verre au bateau, après une journée de visites, nous avons eu la désagréable surprise de ne plus le trouver. Dame Mandragore avait chassé et se cachait loin dans le fond de la baie. Ce fut l’occasion pour Isabelle et moi de passer un moment sur le mythique voilier du père Jaouen Le Bel Espoir tandis que papa et Julien ramenait la fugueuse à bon port.

Bientôt la suite…