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samedi 20 septembre 2008

Trinidad et Tobago

Une semaine après notre départ de Kourou nous avons mouillé à Scarborough dans l’île de Tobago. La ville nous a surpris par son animation et son bon accueil. Nous voilà arrivés en terre rastas. Scarborough est une charmante petite ville portuaire aux ruelles embouteillées et bordées d’échoppes. Deux jours plus tard nous sommes allés du coté SO de l’île en dessous l’aéroport à Store Bay (un des pole touristique de l’île). Les fonds y sont magnifiques: eau très claire, coraux et poissons avec beaucoup de couleurs. Par la suite nous remonterons la cote O de l’île offrant de nombreux abris et lieux où faire de la plongée. Le taxi collectif est un bon moyen pour visiter l’île à pas cher, nous aurons l’occasion de voir au bord de la route des champs entiers de chanvre indien ! Nous resterons une dizaine de jours à Tobago.

Cela fait déjà un an et demi que le voilier n’est pas sorti de l’eau et l’escale de Trinidad est très propice pour faire des travaux. On a le choix entre une dizaine de chantiers différents pour faire sortir son voilier et moult shipchandlers. Ici tout est organisé pour les travaux. Le nombre d’unités entreposées à terre est impressionnant. Trinidad est en principe une zone hors cyclone et le coût de la vie n’y étant pas très cher c’est une escale qui attire toutes les nationalités naviguantes confondues. Notre Mandragore, couverte de coquillages commençait à bien se traîner ; de nombreux poissons pilotes rencontrés entre la Guyane et Tobago, peuvent le confirmer ou pouvaient pour deux d’entre eux…Peut-être avions nous l’air d’une grosse baleine ? D’ailleurs nous avons eu le droit au supplément nettoyage à haute pression tant la carène était sale. Les produits antifouling que l’on trouve en Métropole sont vraiment de mauvaise qualité. Après quelques jours de grattage acharné nous sommes venu à bout de la croûte Guyanaise installée sur la coque et une semaine de travaux plus tard le bateau a pu retourner dans son élément. Trinidad c’est aussi le pays du « Steelband », musique qui se joue en tapant sur des bidons, que l’on peut écouter jusqu’au bout de la nuit. Dommage que l’on ne soit pas passés au mois de Février car il parait que le carnaval de Trinidad fait concurrence aux plus beaux du Brésil. Port of Spain, la capitale de Trinidad, est une ville moderne où l’on trouve des magasins « à l’européenne ». Trinidad et Tobago aura été une bonne escale mise à part que leur système administratif est très obligent et assez compliqué.

La Guyane (Le Suriname)

Nous avons choisi cette escale, où j’y ai des copains d’enfance installés, pour refaire un peu la caisse de bord. Le port de Dégrade des Cannes, situé sur le fleuve Matoury, est un peu glauque mais reste encore l’endroit le plus proche de Cayenne. Nous voilà donc revenu dans l’hémisphère où l’écoulement de l’eau et les anticyclones tournent vers la droite. Nous allons y rester quelques mois, la saison cyclonique commence et il ne fait pas bon être plus au Nord. La Guyane c’est vraiment la nature,les tortues, les mygales, les singes, les caîments… le mélange des gens mais aussi l’endroit aménagé au monde où l’on envoie les satellites les plus lourds. Sa situation géographique, près de l’équateur, avec une large ouverture sur l’océan permet un rayon important de lancements pour la mise en orbite des satellites tout en ayant le moins de chemin à faire. La visite du complexe Européen est impressionnant tant par la taille que par les moyens mis en place. Le CSG (centre spatial Guyanais) se prépare à recevoir deux nouveaux lanceurs plus petits que notre Ariane 5, Soyouz (lanceur Russe) et Véga. Ici beaucoup de jeunes Guyanais ont un « Gibiers » qu’ils promènent un peu partout dans une cage, parfois même jusqu'à leur travail ! Ces petits oiseaux, choisis pour leurs chants, font l’objet d’une grande attention ; ils ont souvent le droit à un bain par jour dans leur petite baignoire et sont entraînés à chanter. Un concours est même organisé ! Bientôt la suite…

Et voilà notre séjour en Guyane est terminé. Excusez nous de ne pas avoir tenu le site à jour. Parfois il est bon de prendre un peu de recul pour faire une synthèse. Voici donc un résumé de nos quatre mois Guyanais. La Guyane est certainement un des départements français les plus mal connu. Oubliée des médias métropolitains, effacée par le Brésil, peu visitée, on la réduit souvent à quelques mots clefs comme l’orpaillage ou le bagne qui suscitent de l’indifférence ou des préjugés. Pour nous, qui y avons séjourné plus de quatre mois, elle nous est tout de suite apparue comme une terre d’immigrés ; la population est un mélange de nombreuses cultures. On trouve en Guyane une importante communauté créole et Brésilienne mais aussi beaucoup d’asiatiques. D’autres ethnies minoritaires colorent également les rues guyanaises ; les Africains, les amérindiens, les coulis d’origine Indonésienne, les toubabous, nous, blancs de peau, et j’en oublie. Il nous a semblé que la population cohabitait relativement bien et nous avons été agréablement surpris par l’esprit de solidarité général ; plus particulièrement celui que manifeste « l’installé » envers celui qui arrive en Guyane. Je ne parle pas seulement de notre cas qui est exemplaire. A peine le temps de se reposer de notre navigation au large du Brésil que les amis de Julien ont mis à notre disposition un téléphone portable, une voiture, tout ce que l’on peu avoir besoin et, cerise sur le gâteau, une climatisation pour rafraîchir et assainir l’intérieur du bateau. Merci les garçons ! Sans vous l’adaptation aurait été plus difficile. A vrai dire je ne pense pas qu’on se serait attardés. Le climat Guyanais est assez … particulier. Nous sommes arrivés en pleine saison des pluies. Les voiliers endormis à la marina de dégrad des Cannes étaient couverts de moisissures, les routes étaient trouées, les terrains livrés à la végétation, la mer boueuse, j’en passe…Le travail de destruction de la nature est tellement accéléré ici que beaucoup d’habitants baissent les bras. Il en résulte une impression de délabrement général. Mais cette nature si encombrante fait également la richesse de la Guyane et son principal intérêt touristique. Sur tout le territoire, à l’exception d’une fine bande littorale où se concentre l’essentiel de l’activité humaine, tu es confronté à l’omniprésence d’une forêt dense et impénétrable. Pourtant, même si la marche à pied est à proscrire, il est possible de l’appréhender par voies d’eau. En effet la Guyane regorge de fleuves et d’affluents. Une des activités locale est de passer le week-end en carbets, qui sont des cabanes de bois rudimentaires sur pilotis, où l’on peut accrocher son hamac, généralement placées en bord de rivière. L’expérience est saisissante car tu es au cœur d’un enchevêtrement de branchages et d’arbres bourdonnants d’insectes et d’hostilité. Amis Arachnophobes s’abstenir ! Nous avons également goûté aux joies du canoë. J’en garderais un très bon souvenir. Au cour de cette promenade sportive dans le parc naturel régional, nous avons traversé une diversité de paysages insoupçonnés, jalonnée de rencontres animalières hautes en couleurs, du caïman au vautour.

Même si l’architecture laisse à désirer, que le climat y est dur et que la vie y est chère, La Guyane est un pays à découvrir. Les Iles qui l’entourent sont très belles, les vestiges du bagne sont impressionnants et le marché de Cayenne vaut le détour. Nous avons profité de cette escale en terrain français pour officialiser notre bonne entente en se pacsant. Vous trouverez quelque photos du Suriname ou j’y est passé trois jours (Agnès travaillait, dommage !) ainsi que de la Guyane dans la catégorie « Albums ».

Maintenant Trinidad et Tobago nous attendent…