Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 31 octobre 2016

La Malaisie

Carénage au yard de Kudat

dimanche 2 août 2015

Le Japon


La plage le WE à Iki island.


Après 10 jours de mer une bonne coupe de cheveux maison suivi d'un bon restaurant, il y a quelque kilos à reprendre...


Le set lunch bon marché, yumy yumy !!


La marina au SE de Iki island


Les invitations à manger chez l'habitant ne manquent pas !

Chez Watanabe san, une bonne adresse sur l'île de Oki où je commençais à prendre quelque habitudes...


Poissons séchés


Merci encore au yacht club de Nishi-no-shima de m'avoir fait une place alors qu'un typhon passait à quelque dizaine de milles... Encore une fois l’accueil au Japon est exceptionnel !


Comme on peut le voir sur cette photo les trottoirs sont adaptés au non voyant, la bande en relief en leur centre sert de guide.

mercredi 4 décembre 2013

Les Philippines

Les Philippines c’est plus de 7000 îles sur un secteur de 300 000 km2 autant dire qu’il y a de quoi s’amuser. Nous sommes arrivés au sud est de l’île de Mindanao, pas loin de la grande ville de Davao où nous aurions pu faire notre entrée. Mais comme nous pensions remonter la côte rapidement nous avons décidé de la faire à Surigao. S’était sans compter sur un courant contraire variable d’un ou deux noeuds et l’absence de vent dans le secteur. Nous avons donc pris le temps de visiter les environs avec un coup de cœur pour le village de Manay.

Ici les gens sont tournés vers la mer, c’est magique de croiser toutes ces embarcations aux couleurs vives pilotées par des hommes aux chapeaux pointus. Pas de risque de les louper ; l’échappement libre de leurs monos cylindres n’est pas discret. Côté terre il y a foule également ; çà grouille de monde, de bruit et d’odeurs. Nous croisons une multitude de petits commerces et constatons le goût prononcé des locaux pour le karaoké. Sur les étals il y a abondance de fruits et les prix n’ont rien à voir avec ceux de Nouméa… Nous remarquons aussi avec amusement que tout est petit ; les gens, les portions, les sachets vendus dans les magasins, les moyens de transport (société du mini). Pas de doute nous sommes bien arrivés en Asie !

Nos premiers contacts avec les Philippins sont bons ; au premier abord ils nous regardent curieusement mais sitôt la discussion engagée tu ressens tout de suite leur gentillesse et leur bonne volonté. Nous les intriguons beaucoup car dans cette partie de l’île ils n’ont pas l’habitude de voir des touristes et encore moins des voiliers. Lorsque nous débarquons avec notre youyou à rame, notre fan club nous attend. Les enfants sont très nombreux (la contraception n'est pas encouragée par l’Eglise catholique) et ne sont malheureusement pas tous scolarisés.

Nous avons mis trois semaines pour faire les 200 milles qui nous séparaient du Nord de l’île ; aidés sur la fin par les vents de traîne du super typhon Haiyan qui a dévasté les îles de Leyte et Samar le 05 Novembre dernier. Une fois l’île de Mindanao doublée, la navigation est tout de même plus simple même si il faut se méfier des cartes et des cables électriques que les Philippins ont tendu, entre certaines îles. La ville de Surigao est sympa mais la zone de mouillage est étroite et mal abritée de la houle. C’est un port d’entrée pour les cargos mais pas pour nos voiliers. Si tout c’est bien déroulé avec les customs, nous avons du insister auprès de l’immigration pour qu’ils nous tamponnent nos passeports. Les 21 premiers jours sont gratuits ensuite tu dois payer un visa d’une bonne cinquantaine d’euros par personne et par mois.

Après Surigao et une pause baignade devant l’agréable village de Triana sur l’île de Limasawa nous avons rejoint Maasin où nous pensions obtenir notre renouvellement de visa. Ce n’est malheureusement pas possible ; l’agent d’immigration est absent pour la semaine ! Dommage on s’y serait bien installés quelques temps, la ville est plaisante et les habitants très accueillants.

Comme nous craignons les épidémies suite au passage de Haiyan nous préférons éviter Cébu qui a la réputation d’être très sale. Nous remettons donc le cap sur Mindanao mais côté Ouest ce coup là, où nous mouillons à Jasaan ; à une trentaine de kilomètres de la grande ville de Cagayan de Oro. La baie est abritée du Nord Est et il y a beaucoup d’embarcations locales, en voisinage direct avec les cargos qui attendent leur tour devant l’usine chimique des Japonais ! Nous étions déjà accoutumés aux embarcations à balancier appelées Bankas mais c’est ici que nous voyons pour la première fois des bateaux araignées que nos amis appellent bateaux bambous.

Nous avons rencontré à Jasaan une famille de pêcheurs très hospitaliers avec qui nous avons passé de bons moments, entre autres une marche dans la montagne voisine à travers la forêt tropicale. Ils nous expliquent que l’interdiction de pêcher dans la zone côtière de cinquante kilomètres instaurée par le gouvernement pour protéger les espèces n'est pas respecté, les gardes côtes se font offrir leur silence. Il y a vraiment un problème de surpêche aux Philippines. Zone côtière ou non, nous n’avons pas pêché un seul poisson depuis que nous sommes en Asie. On se rattrape avec le poulet et le cochon qui sont à la fête en ce moment. Ce n’est pas encore Noël mais les philippins ont pris de l’avance et célèbrent avec ferveur l’immaculée conception pour le plus grand plaisir de nos papilles.

Aux Philippines, le prix des transports est dérisoire. De Jasaan nous prenons « la Jeep » sorte de minibus ou l’on peut entasser jusqu’à une trentaine d’humains pour aller à Cagayan de Oro (50 centimes d’euro par personne pour 30 kilomètres !) où nous complétons nos formalités. La ville est poussiéreuse, irrespirable et nous parait gigantesque ; même les tricycles (moyen le plus répandu pour circuler dans les villes) qui nous prennent en taxi ont du mal à trouver les bureaux de l’immigration !

Nos visas en poche nous amorçons la remontée vers Manille où Jordane et Isa doivent nous rejoindre en février.

mardi 20 août 2013

Nouméa

Bienvenue en Nouvelle Calédonie; les amis sont là et nous les retrouvons avec plaisir. Les uns nous indiquent un corps mort, les autres nous prêtent une voiture et tous sont partant pour faire la fête ! Heureusement pour la santé que nous ne nous attardons pas ; les Philippines nous attendent.

lundi 20 mai 2013

Come Back Fidji

Nous sommes arrivés aux Fidji après une navigation tranquille au vent arrière, ravis d’entendre à nouveau les « Boula Boula » de ce peuple si gentil. Au port de Lautoka où nous faisons notre entrée rien a changé (toujours les mêmes douaniers, les bateaux de pêche Chuong kuo, le déchargement des cargos, le brûlis de la canne à sucre qui nous arrive parfois dessus poussé par le vent) ; mise à part les formalités qui se sont simplifiées en l’espace de deux ans. En ce début de saison il y a de nombreux bateaux Australiens et Néo zélandais au mouillage mais peu de Français ; pour l’échange de livres c’est loupé ! En ville les tarifs sont toujours aussi compétitifs et nous reprenons vite l’habitude de déjeuner dans les cantines. L’ambiance à Lautoka est des plus sympathique. Nous sommes en pleine semaine de foire ; les stands, chapiteaux, grandes roues et manèges de toutes sortes sont montés dans le parc municipal. C’est le soir que l’ambiance est à son comble ; concours de danse, élections de miss, jeux d’argent dans les vapeurs de grillades et de pop corn. C’est bon enfant, familial et très réjouissant. Nous y restons presque trois semaines entrecoupées d’un séjour baignade à Manolo (l’île hôtel à quelques milles en face de Nadi) écourté pour soigner l’œil droit de julien qui a reçu un projectile lors d’une séance de meulage sur la Mandragore. Bilan : régime de gouttes trois fois par jour pendant un mois. Rassurés alors nous décidons d’entreprendre la remontée de Viti Lévu et Vanua Levu par le Nord. La côte offre de nombreux abris ce qui nous permet de faire de petites navigations à la journée. Nous avons le vent dans le nez mais comme nous sommes protégés de la houle par la barrière de corail nous nous amusons bien à tirer des bords. La majorité des voiliers préférant visiter les Yasawas nous sommes seuls sur l’eau et aux mouillages. L’accueil dans les villages est comme de coutume très hospitalier mais nous n’y restons jamais aussi longtemps que les habitants ne l’auraient souhaité. Sur notre route les paysages varient entre mangrove et lieux propices à la baignade, Julien ira même faire de la plongée avec un couple d’américains. Et ainsi de découvertes en découvertes nous nous retrouvons à Suva, capitale des Fidji, deux mois après notre arrivée. Encore une fois nous n’aurons pas tout vu ; il nous reste de nombreux endroits à visiter lors d’un prochain séjour mais nous avons fait le choix de rallier les philippines par le détroit de Torres et le timing est soudainement devenu plus serré. Prochaine escale : Nouméa.

jeudi 20 décembre 2012

La Nouvelle Zélande

Nous avons entrepris la traversée vers la Nouvelle Zélande à partir de Nouméa où nous avons seulement fait un saut de puce en descendant du Vanuatu. Les prévisions météo nous annonçaient une semaine de travers à 15/20 nœuds mais le courant aidant nous n’avons pas du tout eu ces conditions climatiques. Dès notre sortie du lagon un bon près serré a donné le ton pour le reste de la navigation ! Au moins la nuit nous étions bien callés dans nos couchettes… Quatre jours après le départ nous avons eu du gros temps pas du tout prévu par nos fichiers gribs qui nous a fait filer bien vite sous trinquette seule. Ce fût donc une traversée venteuse, exceptée à l’arrivée, lorsqu’à moins de 100 milles des côtes Néo Zélandaises le vent nous a soudainement abandonné. Le rythme étant beaucoup plus calme nous avons eu tout le loisir d’admirer le paysage pour rejoindre Opua ; un des ports d’entrée en Nouvelle Zélande. Lorsque nous nous sommes rapprochés une agréable odeur de forêt se dégageait des côtes verdoyantes et escarpées. Opua se situe assez loin dans les terres ; c’est un petit port excentré, bien abrité avec une marina et une grande zone de mouillage. Avant d’y arriver nous devons traverser la baie des îles et passer devant deux petites villes touristiques Pahia et Russel puis remonter la rivière. Nous sommes arrivés en fin d’après-midi et avons attendu au quai de quarantaine le lendemain pour faire les formalités d’entrée. Tout c’est très bien passé avec les douaniers qui ne sont pas aussi terribles que ce qui peut se dire. Ensuite la priorité pour nous a été de trouver un nouveau moteur et une annexe ; car l’optimiste c’est bien gentil mais on en avait un peu marre de rentrer tout mouillé. Et pour cela nous sommes descendu à Whangarei environ 150 milles au Sud ; un lieu propice pour ce genre d’affaire car c’est le coin des chantiers navals et des shipchandlers. Nous y sommes restés le temps d’y acheter un mercury neuf et sommes repartis rapidement vers Opua afin de rejoindre des copains pour les fêtes de fin d’année. Nous avons passé Noël sous une pluie battante. Résultat personne n’a eu le courage de faire des courses et nous avons festoyé gaiement autour d’une pizza. Le premier de l’an vous le pensez bien fût aussi copieusement arrosé ! Le temps de cuver puis visite de la baie des îles sous un soleil radieux. C’est pas mal du tout ; chaque île possède des sentiers qui nous permettent d’accéder à de beaux points de vue. Les collines sont pleines d’une herbe épaisse et de magnifiques arbres aux fleurs d’un rouge éclatant. Ce n’est pas les mouillages qui manquent mais, en cette saison de grandes vacances pour les autochtones qui possèdent presque tous un voilier, il y de la circulation. Certaines sont également dotées de plages et comme c’est l’été et que la température de l’eau le permet encore nous faisons nos premiers ploufs en Nouvelle Zélande (nb : il n’y en aura pas beaucoup d’autres). Le quartier est également très poissonneux ; majoritairement des snappers et kings fishs ; peu de temps suffit pour remonter le dîner. L’autre agréable surprise est la quantité d’huîtres et de moules qui s’amassent sur les rochers à marée basse. Il y a comme un petit air Breton ; on adore ! Ah oui, j’oubliais les coques et les télines aussi… Mais les bonnes choses ont une fin et l’heure est venue de caréner La Mandragore. Nous redescendons pour cela à Whangarei, dotés d’une nouvelle annexe Walker Bay d’occasion que nous avons trouvé sur le site des petites annonces Trade Me. Whangarei est une ville plaisante, assez grande également située au bout d’une rivière. Pour y aller il faut remonter quinze milles dans les terres en suivant un chenal sinueux. C’est difficile de trouver des conditions climatiques qui permettent de faire tout le trajet à la voile ; d’autant plus qu’il existe un fort courant lié aux marées et gare à celui qui s’est trompé dans ses calculs ! Nous choisissons le chantier de Dockland Five, dit le chantier des Français car le gérant est tolérant vis-à-vis de notre indiscipline nationale pour sortir La Mandragore. Il y a pas mal de travail dessus et Julien se retrouve seul pour les travaux car je suis partie faire la cueillette des pommes dans le sud de l’île nord. Pas facile pour l’un comme pour l’autre ! Dans mon cas je découvre que les titulaires étrangers de moins de trente ans munis d’un permis de travail working holliday sont bien peu de chose. Nous sommes très nombreux et représentons une main d’œuvre inespérée pour les exploitants qui en profitent ; bas salaires, horaires de travail variables selon les besoins ; il m’est arrivé de travailler dix heures par jour pendant 7 jours consécutifs. Pour ceux qui le désirent, il existe également en Nouvelle Zélande la formule du woofing ; logement chez l’habitant gratuit en contrepartie de quelques heures de travail dans la journée. C’est un excellent moyen de voyager à peu de frais et de se rendre compte de la façon dont vivent les gens. Pour ma part, côté logement j’avais pris un lit dans un des dortoir d’un backpacker ; sorte d’auberge de jeunesse où les baroudeurs du monde entier se retrouvent dans une ambiance très joyeuse et plutôt bordélique. Difficile de trouver le sommeil mais très enrichissant culturellement ! A Whangarei La Mandragore a donné du fil à retordre à Julien, c’est vrai que côté carénage on a toujours tendance à repousser le moment et après il y a pas mal de travail. Lorsque je suis revenue de Napier la coque était prête à peindre. J’aurais peut-être du attendre un peu avant de rentrer… mais du coup à deux nous avons été plus efficaces et une semaine après La Mandragore était à l’eau. Trop tôt cependant parce qu’aussitôt après Julien a mis à jour une faiblesse dans la tôle au niveau du pic avant qui s’est soldée par deux petits trous…OUPS ! Il va sans dire que le moral à bord n’était pas au mieux. Nous avons hésité à ressortir le bateau mais avons finalement opté pour une réparation de fortune (et çà de plus à traiter au prochain carénage). Grâce aux marées il est possible de réparer en dessous de la flottaison en amarrant le bateau entre des piles. C’est ce que nous avons fait à Great Barrier un vaste abris naturel qui se trouve à mis chemin entre Whangarei et Auckland. Au mouillage, encerclés de montagnes nous avons vraiment l’impression d’être sur un lac. C’est très paisible. Et ce ne sont pas les hippis de la communauté qui y habite à l’année qui vont troubler la quiétude ! A terre il y a un petit port avec une superette et de multiples randonnées. C’est tentant d’aller crapahuter mais nous aurions quand même du y réfléchir à deux fois avant d’entreprendre l’ascension du mont Hobson. Le copain qui nous accompagne et qui connaît bien le terrain avait prévenu qu’il y avait milles marches à monter et deux milles à descendre. Nous avons voulu faire les braves mais ce petit exercice est très éprouvant pour des genoux pas habitués et celui de Julien a mis plus d’un mois à s’en remettre ! Heureusement qu’il y avait la smoke house pour se relaxer. C’est un endroit génial pour les plaisanciers de passage. Sur un terrain ombragé pieds dans l’eau en libre accès, des gens de bateau qui sont installés en Nouvelle Zélande ont construit une salle de bain avec une baignoire alimentée en eau chaude par un poêle à bois. Il y a également un barbecue, un fumoir à poissons et plusieurs lavoirs pour le linge. Tout le confort quoi ! Par contre le temps se dégrade progressivement ; nous avons de plus en plus de pluie et les températures chutent. Nous essuyons un coup de vent qui emporte deux des pales de l’éolienne. Résultat plus de batteries pour alimenter le frigo et l’ordinateur ! Mais dont worry Auckland n’est pas loin Après une semaine à Great Barrier nous avons donc mis le cap sur la plus grande ville de Nouvelle Zélande sans en être la capitale. Nous mouillons dans la rivière juste en face du centre ville. La nuit c’est magique de voir toutes ces lumières mais le jour le mouillage est intenable car il y a de nombreuses navettes qui circulent et nous ne sommes pas très abrités de la houle qui se forme vite lorsque çà souffle un peu. Par chance il existe un fournisseur pour windgenerators pas loin et nous retrouvons les pales qui nous manquent. Notre séjour à Auckland fût bref car le temps était maussade et Julien incapable de marcher plus de cinq minutes. Nous sommes donc repartis rapidement vers Opua pour attendre une bonne fenêtre météo afin de rejoindre Nouméa. Finalement nous avons attendu un mois avant d’avoir les conditions idéales pour partir pendant lequel nous en avons profité pour approfondir la visite des alentours et faire quelques conserves de moules. Nous sommes déjà au mois de juin et c’est le début de l’hiver austral. Bouh qu’il ne fait pas chaud le matin ! C’est sûrement pour cela que nous avons changé d’avis pour faire route vers les Fidji où il fait bien plus chaud qu’en nouvelle Calédonie à cette saison. Concernant nos impressions générales sur la Nouvelle Zélande nous avons beaucoup apprécié la qualité de la vie là-bas. On trouve de tout dans les supermarchés à pas trop cher, les gens semblent vivre dans l’aisance avec de belles maisons pas entassées les unes sur les autres car c’est un territoire peu peuplé. Les paysages que nous avons pu voir de l’île nord sont beaux et il existe des sentiers de randonnées bien entretenus absolument partout. La pêche y est fructueuse et il y a beaucoup de fruits de mer sauvages. Nous sentons bien aussi que le capitalisme y règne en maître et que beaucoup de choses peuvent être autorisées à partir du moment où ça rapporte of course. Nous n’avons malheureusement pas rencontré beaucoup de Néo Zélandais et encore moins de Mahoris car notre séjour a été majoritairement consacré à l’entretien de La Mandragore et aux apéros entre amis Français.

mardi 20 novembre 2012

Le Vanuatu

Nous sommes arrivés au Vanuatu par Anatom, l’île la plus au Sud de l’archipel en bénéficiant d’un vent d’ouest au départ d’Ouvéa. A Anatom, les formalités sont simples. Une seule personne suffit pour représenter le service sanitaire et les autorités. A terre on peut changer ses devises et troquer quelques fruits. En discutant, nous apprenons qu’un paquebot Australien passe une fois par semaine. Ses touristes débarquent sur la petite Mistery island ; bien aménagée avec stands, paillasses et même un immense chaudron « cannibal soup » dans lequel on peut se faire photographier. Nous n’y restons pas longtemps et filons avec La Mandragore à Tana ; célèbre pour son volcan. Nous mouillons à Port Résolution avec d’autres voiliers. Des gars en pirogues viennent nous saluer et nous proposer des fruits contre de l’essence et des vêtements. Ils aimeraient également qu’on recharge leurs PC et téléphones portables car il n’y a pas l’électricité au village… On accède à celui-ci par un sentier ombragé après avoir débarqué au yacht club, plutôt désert. Il est bien entretenu et les gens sont souriants. Plus loin, de nombreux chemins se perdent dans la végétation luxuriante ; ils mènent souvent à des terrains cultivés où les travailleurs sont contents de faire une pause pour discuter avec nous. Grâce au volcan qui attire chaque jour de plus en plus de touristes, des bungalows et des petits restaurants fleurissent aux abords des plages dans un pur style traditionnel. Lors de notre excursion, nous sommes surpris d’ailleurs par le nombre très élevé de visiteurs. C’est un vrai business. A deux la visite du volcan revient environ à 100 euros (entre l’acheminement en 4x4, l’entrée du parc gardienné et le guide ). Une fois là haut, nous sommes libres de circuler autour du cratère mais, en guise de cordelette de sécurité, le guide s’empresse de nous raconter l’histoire des deux japonais que le volcan aura marqué de façon indélébile ; brûlés par une projection de teslas. Effectivement nous sommes aux premières loges pour assister aux jets de flammes et à l’activité bouillonnante du cratère qui donne de sa personne pour nous en mettre plein la vue et les oreilles. Quand vient la nuit le spectacle devient carrément grandiose. Nous sommes tous impressionnés. Lorsque nous regagnons les véhicules chacun observe un silence respectueux… Nous restons encore quelque jours heureux à Port Résolution à profiter du bon accueil des locaux puis mettons les voiles pour Port Vila ; la capitale du Vanuatu 150 milles au Nord. Port vila est une petite ville sympathique et colorée. En entrant dans la baie, bien protégée de tous les vents, nous ne pouvons pas manquer d’admirer l’ancien voilier de Bernard Tapi : le Phocéa qui prend beaucoup de place au mouillage. Nous jetons l’ancre devant l’esplanade des bars et des vendeuses de paréos ; suffisamment près du bord pour pouvoir y descendre à la rame. Nos profitons du marché bien fourni pour faire le plein de vitamines et écumons les magasins car nous avions épuisé nos stocks sur les îles du Sud. On trouve de tout et pas mal de produits français mais, comme à Nouméa, les prix restent super chers. Une semaine après notre arrivée nous allons faire un petit tour à Havanah harbor sur la côte Ouest d’Efate où nous trouvons quelques mouillages tranquilles mais pas exceptionnels. Comme nous ne souhaitons pas visiter les îles du nord nous décidons d’attendre la prochaine fenêtre météo pour amorcer notre descente vers la Nouvelle zélande. Du peu que nous avons vu, nous garderons dans nos mémoire le bon accueil des Vanuatais et la force du volcan.

samedi 20 octobre 2012

La Nouvelle Calédonie

Coucou chers internautes. Alors que nous nous rapprochons du Vanuatu nous avons une petite pensée pour vous et l’on se dit que nous n’avons pas été chics de vous laisser sans nouvelle si longtemps… Piqûre de rappel : en Octobre 2011 nous arrivions en Nouvelle Calédonie, très précisément sur l’île des pins après un séjour très sympathique à Fidji. Ici, des pins il y en a partout en bord de plage et sur des îlots rocheux élimés à leurs bases comme des enclumes dans l’eau turquoise. Ils poussent tout droits vers le ciel et confèrent un charme étonnant à cette île loin des cartes postales Polynésiennes. C’est un décor auquel nous ne nous attendions pas. Le site où nous mouillons est véritablement très beau. Nous sommes dans la baie de Kuto juste à côté de celle de Kanumera, devant une vaste plage d’un sable que l’on n’avait jamais connu si blanc ni aussi farineux. Plusieurs autres voiliers se trouvent également là car nous ne sommes pas encore en saison cyclonique et, pour descendre, tout le monde débarque au petit quai en bois sur le côté. On trouve en bord de route une échoppe à souvenirs et quelques superettes dont les prix prohibitifs nous incitent à choisir que le strict nécessaire. Au cours de nos promenades à terre les habitants que l’on croise nous saluent d’un Bonjour Monsieur Bonjour Madame timide, un chouya pas naturel. C’est dommage mais cela nous surprend peu car nous avions eu ouie de certaines tensions entre le peuple Kanac et les Français. D’autre part nous avons ressortis les couvertures dans la couchette et le temps de baignade s’ajourne à mesure que le ciel se voile. Peu importe ; devant un tel paysage nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir décidé d’y rester une année ; le froid çà ravigote et nous aurons tout le temps d’approfondir nos relations avec les autocktones plus tard. Nous sommes contents ; notre aventure Calédonienne commence. Pour se rendre à Nouméa, nous avons encore quelque milles à parcourir. Dans ce sens le vent d’alizé dominant Est/Sud Est à 25 nœuds nous pousse. Partis tôt le matin nous arrivons en soirée dans la rade. Le soleil se couche et, mauvaise surprise, il n’y a plus beaucoup de place dans les baies pourtant larges de Moselle et de l’orphelinat. Beaucoup de voiliers y restent à l’année et on posé des coffres. Nous mouillons légèrement dans le chenal et nous rencontrons Henry, qui sera un bon copain par la suite. Par chance un coffre est libre devant son bateau. Nous nous y installons après avoir obtenu l’autorisation de son propriétaire. Nos autres voisins de mouillage sont discrets et nous nouerons des amitiés sincères. A port Moselle nous sommes tout proche du centre ville et du potentiel « travail ». Comme Papeete à Tahiti, Nouméa est le centre économique de l’île. Nous ne nous en éloignerons pas durant de longs mois et de nombreux Calédoniens n’en sortent Jamais, considérant le reste du territoire comme incivilisé et hostile. Cette cité bien entretenue offre un bon aperçu de la colonie que nos ancêtres ont créé. Premier constat : elle pue l’argent et les inégalités. Deuxième constat : j’aime bien les motifs des robes missions que portent les femmes Kanacs. Troisième constat : C’est calme voire trop calme. Concernant les inégalités : imaginez vous l’un des territoires les plus chers du monde (loyers, produits de consommation, loisirs …) avec des fonctionnaires aux salaires indexés et un SMIC qui ne permet pas de manger à sa faim. En toute logique on rencontre à Nouméa certains jeunes désorientés. D’autre part, même si les femmes arborent de belles robes aux couleurs vives il y a comme une tristesse latente. Nous nous souviendrons longtemps de la fête de la musique. Nous l’avons passé dans un bar à tapas avec des amis où la clientèle était très majoritairement blanche. La soirée en elle-même était sympathique mais lorsque nous avons décidé d’aller voir la fin du concert qui se donnait sur la place des cocotiers nous avons eu la stupéfaction de constater que pas une seule personne dans le public (cette fois-ci plutôt Kanac) n’avait l‘air de s’amuser. Les regards étaient ternes et inexpressifs. On nous a dit par la suite que les Mélanésiens étaient par nature plutôt renfermés et peu démonstratifs. A ce stade de notre séjour nous ne côtoyons d’ailleurs que des métropolitains expatriés dit Zoreilles pour les initiés. Pourtant il y a aussi en Nouvelle Calédonie ceux que l’on surnomme les Caldoches qui sont les descendants des premiers colons, dont, entre autres, les fils de bagnards. Le week-end, pour s’aérer un peu nous nous rendons à la voile sur l’un des nombreux îlots proches de Nouméa. On en profite pour se baigner et faire la fête à moindre frais avec des amis de bateau. Les activités nautiques ont la côte ici. Le lagon calédonien est un vrai terrain de jeu autant pour les amateurs de kitesurf que pour les plongeurs et les familles nombreuses dont les enfants barbotent allègrement dans l’eau. Grâce à une politique de protection efficace on rencontre encore une faune exceptionnelle aux abords des îlots ; tortues innombrables, poissons de tailles honorables, dugongs, requins et …tricots rayés. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas, les tricots rayés sont des serpents jaunes et noirs à la morsure mortelle. Ils sont plus nombreux à certains endroits qu’à d’autres ; comme par exemple au phare Amédée que nous avons découvert avec Jean lors de sa venue au mois de Novembre. De loin le site est accueillant ; bel îlot bordé de plages, flanqué d’un phare immaculé (un des plus grand du monde et le premier phare métallique Français qui fût d’abord assemblé à Paris). On aurait bien envie de se dégourdir les jambes et de piquer une tête… sauf qu’on ne peut pas faire un pas sans croiser un de ces reptiles qui, par mimétisme, semblent tous vouloir prendre un bain. Les accidents sont heureusement rarissimes car les tricots rayés ne sont pas agressifs et n’ont pas de bouche assez large pour aller croquer de l’humain. N’empêche La Mandragore ne retournera pas volontiers au phare Amédée. Après un passage obligatoire au centre culturel Djibaou mondialement connu pour son style architectural, nous profitons de la voiture des copains pour visiter le pays. Nous découvrons un paysage montagneux avec une terre rouge caractéristique. C’est le nickel qui donne sa prospérité à la Nouvelle Calédonie. Les exploitations fleurissent partout et, même si elles génèrent beaucoup d’emplois, elles dégradent inévitablement l’environnement. De notre mouillage à Nouméa nous avons d’ailleurs une vue imprenable sur l’usine centenaire de la SLN, potentiellement dangereuse qui déverse ses fumées sur la ville. De même le site de Goro, visible lorsque l’on descend au Sud est sujet à inquiétudes. Il est approvisionné en acide par des cargos plus ou moins en bon état. Les riverains redoutent une catastrophe écologique dans le lagon qui est, à cet endroit, un haut lieu de rassemblement de baleines aux mois d’août et Septembre. Nous sommes justement en Septembre, et nous venons de renter après deux mois passés en France. Le bateau est en bon état. Nous sommes impatients de continuer notre route. Destination les îles loyautés à l’Est de la Grande Terre, qui seront sans conteste nos plus belles escales de Nouvelle Calédonie. Généralement il faut attendre une fenêtre météo d’Ouest ou de vent d’alizé faible pour quitter Nouméa et passer le canal de la Havanah qui est assez difficile si celui-ci est pris au mauvais moment. Ensuite l’alizé Sud Est pousse tranquillement à Maré ou Lifou. A Lifou nous mouillons devant le village de Dououlou au sud de la baie de Santal dans un cadre paradisiaque. Tout le monde est détendu ici et très aimable. A notre arrivée nous avons fait la coutume, qui consiste à offrir un bout de tissu (manou) et de la monnaie au chef de la tribu. Perpétuer cette tradition est une marque de respect envers l’identité culturelle Kanac et fait toujours plaisir. A Wé, qui est le pôle administratif de l’île et que nous rejoignons en stop nous avons retrouvé Christina, une amie qui a obtenu un poste de prof d’espagnol. Elle nous prête gentiment sa voiture ce qui nous permet de faire le tour des sites touristiques de Lifou. Nous sommes ravis de ce que l’on découvre ; grottes, chapelles, calanques... Nous pouvons d’autant plus profiter de la baignade que les eaux ont commencé à se réchauffer avec le soleil qui arrive. Il existe en effet en Nouvelle Calédonie deux saisons distinctes (inversées par rapport à celles de la Métropole) avec une hausse des températures en été et un hiver plus frais. Cette année la saison hivernale était exceptionnellement pluvieuse ; ce qui n’était pas pour nous réjouir en vérité. Mais revenons à Lifou où notre si agréable séjour se solde malheureusement par la perte de notre annexe. L’histoire est banale. On récupère sur la plage nos invités d’un soir et lorsqu’ils montent à bord personne ne s’occupe de l’attacher. On se rend compte que l’annexe n’est plus là trois heures plus tard. Evidemment trop tard, même par nuit de pleine lune. Pour nous dépanner l’école de voile de Wé accepte de nous vendre une coque d’optimiste jaune. Ce n’est pas idéal mais sa forme nous permet d’être efficace à la rame et tiendra bien jusqu’en Nouvelle Zélande où nous en rachèterons une autre probablement. Après Lifou, nous atteignons Ouvéa, 40milles plus au Nord. C’est une escale attendue puisque Julien y connaît du monde pour avoir participé au tournage du film L’ordre et la morale (ref Tahiti) et qu’elle est citée comme « l’île la plus proche du paradis » par les dépliants touristiques. On comprend vite pourquoi : Ouvéa n’est rien de moins qu’une plage de 50km de long donnant sur un lagon aux eaux peu profondes dont les couleurs changeantes passent par toutes les nuances de bleu. Nous arrivons à la tombée de la nuit par la passe Sud et nous remontons le lendemain jusqu’à Saint Joseph à l’extrême Nord, du côté de Gossanah, la tribu où nous souhaitons rendre visite à François, un des acteurs du film sur la prise d’otage d’Ouvéa. Nous sommes accueillis avec chaleur dans sa famille et dans la tribu qui a un mode de fonctionnement très communautaire. Nous déjeunons avec eux sur une table immense. Il faut dire que la famille est nombreuse ! Le dimanche suivant nous sommes invités avec les jeunes de la tribu chez Daniel qui vit avec son oncle et sa grand-mère dans un grand terrain en bord de mer. La journée est très agréable en compagnie de ces gardiens de la terre, comme ils se nomment. Ils aiment leur île et souhaitent la préserver de la mondialisation et du tourisme de masse. Nous comprenons aisément leur philosophie et sommes ravis de leur raconter notre voyage lorsqu’ils nous interrogent sur les us et coutumes des peuples que nous avons croisés. Nous serions bien restés plus longtemps à Saint Joseph mais la météo ne nous le permet pas. Un renforcement du vent est annoncé et il est plus sage de descendre à Fayaoué au centre de l’île, là où le sable est de meilleure tenue. Encore une fois, nous sommes bien accueillis et profitons de la connexion internet de l’école de voile. Les jours passent ainsi paisibles. Puis un matin, nous décidons de faire un tour sur l’île inhabitée de Beautemps Beauprés sous un soleil radieux et une faible brise à 30 milles au Nord Ouest. L’accès requiert une bonne visibilité pour cheminer entre des gros pâtés de corail et un temps calme. Le site est incroyable ; nous sommes dans une piscine naturelle aux eaux translucides devant une plage magnifique, rien que pour nous ! L’endroit est complètement sauvage. Nous nous livrons avec plaisir aux activités dites « substantives » : ramassage de coco sur la plage, pêche à la ligne et tentative de pêche sous-marine vite écourtée suite à l’apparition d’un requin gris et de deux pointes blanches peu farouches. A terre l’excursion tour de l’île se révèle être un vrai parcours du combattant : corail coupant, araignées géantes et nichée hostile d’oiseaux de mer. Que c’est bon l’aventure ! Et puis la veille de notre départ, pour clore cette escapade à BeautempsBeauprés, les baleines s’en mêlent, juste en face de la Mandragore, à portée de mon objectif ! J’oubliais également de signaler que le lagon d’Ouvéa est très poissonneux et qu’il est miraculeusement épargné par la ciguatera. Evidemment on en profite ; mékois, barracudas sont au menu. Difficile de se décider à partir dans de telles conditions. Voici déjà plus d’un mois que nous aurions du quitter le territoire. Le Vanuatu nous attend.

mercredi 20 juillet 2011

Les Fidjis

Nous arrivons par le nord sur l’île de Vanua Levu ; une des deux îles principales de l’archipel après une navigation de quatre jours assez fatigante avec au début un vent bien faible et pour finir avec une bonne brise. Le port d’entrée, SavuSavu, est une ville tranquille et colorée, idéale pour se familiariser avec l’accueil exceptionnellement chaleureux des Fidjiens, fait de « Bula Bula » (bonjour, bonjour) éclatants et le fameux « Fidji time », art de vivre insulaire. Nous nous amarrons à l’un des coffres de la marina familiale « Waitui marina » et patientons jusqu’à la visite des customs qui prolongent leur pause déjeuner jusqu’à 15h. L’inspection du bateau est vite faite et les formalités pas plus contraignantes qu’ailleurs. Ce n’était vraiment pas la peine de planquer le confit de canard dans le sac de trinquette et le champagne sous les durites du compartiment moteur ! Nota Bene : nous avions envoyé 48h avant notre arrivée le formulaire C2C, ce qui n’était pas le cas de Claude, un ami qui a été retenu longuement et contraint d’envoyer une lettre d’excuse au gouvernement. Après les Tonga, nous sommes contents de trouver des supermarchés bien pleins. Pour nous la vie n’est pas chère ; 1 dollar Fidjien équivaut environ à 40 centimes d’euros. Restaurants, shopping…la fièvre acheteuse nous gagne….entretenue par les musiques languissantes qui s’échappent des bars et des boutiques Indiennes. En effet, malgré une majorité de Mélanésiens plus de 40 p. 100 de la population est Indienne. La vague de migration a eu lieu dans les années 1880-1920 et correspond avec le début de l’exploitation massive de la canne à sucre. Ce phénomène est surtout remarquable dans les villes où la plupart des commerces sont tenus par les Indiens. Le spectacle dans la rue est des plus réjouissant ; les femmes sont gracieuses avec leurs sarongs de couleurs vives. Au marché, nous découvrons de nouveaux produits et apprécions particulièrement les petites friandises salées que les Indiens grignotent toute la journée. Nous nous sentons bien à SavuSavu. Pour l’anecdote, la ville est dotée de sources d’eaux chaudes près de l’école. Les locaux ont bien compris leur intérêt et y font bouillir leurs marmites et leur linge. Nous restons une dizaine de jours puis mettons le cap sur Viti Levu, 80 milles au Sud, l’île qui abrite les plus grosses villes des Fidji. La météo n’est pas avec nous. La brise est faible et un courrant contraire nous freine. Nous avons en effet préféré partir avant le coup de vent que nous essuyons pendant deux jours à Levuka, première capitale, choisie par les Anglais, malheureusement pas très bien abritée. Cette petite ville sous la grisaille nous semble bien terne après SavuSavu. Sitôt le vent apaisé nous poursuivons vers Suva, la nouvelle capitale à l’Est de l’île. En route, un beau deux mats à voile carré toutes voiles dehors nous dépasse : fabuleux ! La baie de Suva est vaste et protégée par un grand reef. Il y a de nombreux cargos au mouillage et il flotte dans l’air ainsi que sur l’eau des effluves de pollution. La ville nous semble gigantesque. Nous la longeons pour aller se placer avec les autres voiliers dans le fond de la baie, devant le Yacht Club. Comme à chaque fois que l’on change de groupe administratif nous devons nous présenter aux customs. Un taxi nous y emmène pour deux dollars. Dans le bureau surencombré de dossiers de la zone portuaire nos interlocuteurs ne sont pas pressés ; c’est le Fidji Time en action ! Une heure plus tard nous sommes dehors, un peu perdus aux pieds des buldings. Comme il se doit dans une grande ville, il y a beaucoup de monde, beaucoup de bruit. Nous voulons tout voir, tout acheter (fièvre acheteuse quand tu nous tiens !) et nous nous épuisons vite. Entre autre nous faisons l’acquisition d’une canne à pêche avec moulinet pour rivaliser avec Didier ; pêcheur talentueux. Nous commençons également à regarder le prix des peintures dans l’idée d’un carénage aux Fidji. Nous restons une semaine, descendant en ville tous les jours avec plaisir malgré un temps maussade caractéristique de ce côté-ci des montagnes qui s’élèvent jusqu’à 1325 mètres. Pour se rendre à Lautoka, notre prochaine destination nous devons contourner l’île (100 milles environ) pour aller à l’Est, la côte sèche et touristique des Fidji. Nous passons devons Nadi qui abrite l’aéroport international et un très beau temple Indou. A Lautoka nous mouillons tout près du quai de débarquement des cargos et profitons du ballet ininterrompu des grues qui chargent et déchargent les conténaires, agréable ambiance portuaire...en musique ! Lautoka, ville industrielle tout en longueur, incroyablement vivante, capitale de la canne à sucre. Les camions viennent de l’île entière pour déverser la canne dans le ventre de l’usine que nous apprenons à craindre puisque nous avons mouillé sous le vent de ses fumées. L’air est chargé en permanence d’une odeur de mélasse, de résidus de brulits et de poussière auxquels se mêlent les gaz des pots d’échappement lorsque nous marchons sur le bord de la route pour se rendre dans le centre de la ville. Lautoka, ville sans prétention des ouvriers au bas salaire, ville de la débrouille avec ses magasins de vêtements de récup deuxième main, son marché immense et ses roulottes Indoues pleines de friandises acidulées. A ce stade les Fidji nous ont conquis. Nous décidons de caréner à Vuda Point, petite marina excentrée où l’on peut voir des voiliers semi enterrés en prévision des cyclones. Et c’est parti pour un mois de travaux… La Mandragore est née tordue. Nous décidons de corriger ses défauts sur la coque à coup de kgs d’époxy et de la doter d’un nouveau balcon avant. La marina de Vuda Point est très agréable. Nous avons tout le confort nécessaire à un bon chantier ; douches chaudes, bar/restaurant, supérette avec pain frais tous les matins, temps ensoleillé. De plus pour se rendre à Lautoka (commander des peintures par exemple…) les bus sont fréquents et nous avons également la distraction du passage quotidien du petit train aux wagons chargés de canne. Les bateaux en carénage sont espacés et tu peux faire du bruit et du meulage sans que personne ne s’en plaigne. Après le chantier nous décidons de prendre un peu de repos dans les Yasawas, un groupe d’île à 25 milles plus à l’Ouest réputé pour ses plages et ses eaux cristallines. Effectivement c’est très beau ; grande richesse des fonds avec des coraux magnifiques, reliefs montagneux escarpés et nombreuses aires de baignade. Toutefois la navigation dans ces parages est malaisée. Il faut se méfier des nombreux hauts fonds et récifs qui effleurent ainsi que des effets de vent et de courant qui tournoie autour des îles. Pour notre part nous avons fait beaucoup de moteur pour se rendre au lagon bleu car nous avions le vent de face plein Nord alors qu’il soufflait de l’Est à l’extérieur. Concernant les mouillages, beaucoup sont en eaux profondes (plus de 15 mètres) heureusement de bonne tenue et presque tous sont rouleurs. Le lagon bleu est une exception, calme et bien abrité. Le spot est touristique ; hôtel, bateaux de croisière promène c….c’est joli mais après la Polynésie difficile de s’extasier…

Nous sommes restés une dizaine de jours aux Yasawas. Dans les villages nous avons eu bon accueil. Nous n’avions pas oublié d’apporter le cava au chef du village (parfois féminin comme cette octogénaire de Somosomo encore bien alerte). Le cava à base de racines du poivrier. Il est d’usage aux Fidji d’en offrir pour se faire accepter dans un village. Il est consommé dans toute la Mélanésie. Ici les locaux le réduisent en poudre et le diluent avec de l’eau pour le boire cul sec dans une petite coupelle que les hommes se font passer à tour de rôle en suivant le rituel (avant de boire il est d’usage de claquer une fois des mains en signe de respect et trois fois quand tu as bu). Il faut en boire beaucoup pour en ressentir les effets qui s’apparentent à ceux des drogues. Comme aux Tonga peu de villages ont l’électricité, on cuisine au feu de bois, mais dans ce coin la nature est généreuse et tout le monde mange à sa faim. Il n’y a pas de supérettes et nous comptions sur notre nouvelle canne à pêche… grande illusion n’en parlons plus….

Pour conclure disons que nous avons été vraiment charmé par les Fidji. Nous avons bien apprécié les paysages, l’ouverture d’esprit des Fidjiens, le coût de la vie, le réseau de bus, bref l’atmosphère…

vendredi 24 juin 2011

Tonga

Nous y sommes !

vendredi 3 juin 2011

Western Samoa

A deux jours de nav’ d’Assau, moins 24h puisque en chemin nous avons franchi la ligne de changement de date et perdu une journée sur le calendrier, c'est-à-dire que nous n’avons pas vécu la journée du samedi 11 juin, se trouvent les Niuas ; l’archipel le plus au Nord de Tonga. Nous arrivons de nuit et patientons à la cape auprès d’une mystérieuse pyramide naturelle, haute et massive ; une île divine sans aucun doute car sous sa protection la houle s’apaise et le vent de SE que nous avions serré au près s’essouffle ! Le lendemain au petit jour nous dirigeons la Mandragore vers la passe mal cartographiée de Niuatoputapu ; port d’entrée aux Tonga. Contrairement à sa troublante voisine, l’île présente un relief plutôt plat, et, avec son lagon intérieur, s’apparente plus au type corallien. Sur l’immense plage que nous longeons avant d’atteindre la zone de mouillage devant le village principal nous observons d’innombrables troncs d’arbres déracinés ; restes du tsunami du Japon qui a fait de nombreuses victimes ici. Nous piochons l’ancre par dix mètres d’eau à côté de trois autres voiliers, dont Julo ; celui de nos amis Annie et Didier que nous avions rencontré à Tahiti. Les retrouvailles sont chaleureuses et l’ambiance est à la fête surtout que Niuatoputapu promet d’être une escale intéressante. La nuit aucune lumière n’éclaire le village. Et pour cause, les habitants n’ont pas l’électricité ! Sans réfrigérateur ni télévision ils vivent en harmonie avec leur environnement. Ils se déplacent pour la plupart à dos de cheval, abattent un cochon ou des volailles le matin pour le repas du soir, pêchent, tissent et tressent entièrement à la main de fabuleux tapis de sol en fibres de pandanus dont la fabrication requiert la patience de plusieurs femmes en même temps durant plusieurs mois. Eux qui sont si isolés sont ravis de notre visite et curieux de nous connaître. Les gamins nous demandent des crayons et des hameçons tandis que les parents nous invitent à partager leurs repas contre la contribution d’un gâteau au chocolat, d’un kilo de farine ou une boite de fruits au sirop. Nous sommes heureux dans ce modeste village aux maisons bien entretenues où les cochons et les poules évoluent en liberté. Il y flotte comme un petit parfum de Casamance… Ici le temps n’a pas de prise et le sourire est omniprésent. Le tsunami en Mars 2011 a provoqué une montée des eaux d’environs 4 mètres à la grande surprise des habitants qui y vivent sans grand moyen d’informations. Nous restons une dizaine de jours charmés par ces lieux. Le lundi 20 nous mettons les voiles en directions du S pour rejoindre Neiafu dans le groupe des Vava’u ; une petite navigation pépère avec deux nuits passées en mer. Les Vava’u se composent d’une centaine d’îles et îlots plus ou moins habités ; un paradis pour les navigateurs. Les gens sont encore une fois charmants et le quartier bien poissonneux. Neiafu la ville principale se trouve dans une baie très encaissée qui a la réputation d’être l’endroit le plus protégé des cyclones dans le centre Pacifique. 2 bases de charter y ont élu domicile. Il n’y a pas grand-chose dans les petits magasins tenus principalement par les Chinois mais déjà il y en a ; ce qui n’était pas le cas à Niuatoputapu ! On peut également faire une bonne appro fruits et légumes au marché ainsi qu’y admirer un très joli artisanat. Le vendredi avant la tombée de la nuit nous assistons à la mini régate hebdomadaire composée d’une dizaine de voiliers de voyage qui consiste à tirer des bords dans la baie qu’il vente ou non ! Ah ces Anglo-Saxons !! Malgré cette profusion d’îles les bons mouillages sont plutôt rares, les fonds sont tapissés de cailles et souvent il faut mouiller par 20 mètres d’eau. Notre mouillage préféré se trouve à l’O. La mer y est d’un bleu turquoise sur fonds de sable blanc. Le paysage de roches sculptées par la mer y est somptueux. Cà roule un peu à marée haute quand l’océan arrive à passer par-dessus le récif mais franchement le « Blue Lagoon » en vaut la peine. Les Vava’u sont un spot touristique réputé pour l’observation des baleines qui y viennent frayer à partir de Juin. Malheureusement nous n’avons pas eu l’occasion d’en apercevoir. Ayant une autorisation de séjours de 1 mois nous décidons de ne pas la renouveler et partons pour les Fidji un peu plus de 400 milles au 300°.

vendredi 20 mai 2011

Suvarov

Après 6 jours de navigation plein vent arrière à la tombée de la nuit nous apercevons les atolls bas sur l’eau de Suwarrow. Nous préférons ne pas prendre la passe qui mène dans le lagon sans visibilité et nous nous laissons dériver à la cape toute la nuit. Le lendemain matin nous jetons l’encre par 7 mètres de fond dans un champ de patates. De toute façon il n’y a pas le choix, le lagon en est parsemé. Les requins pointes noires de 1 à 1.5 mètres, qui ne nous lâcherons plus, sont déjà autour du bateau. Il y en a toujours un groupe de 6 à 7 parfois plus !! Pas terrible pour la baignade ! Anchorage Island qui nous abrite de la houle et du vent d’E à NE est un atoll perdu dans le pacifique où un Néo Zed Tom Néale a choisit d’y finir sa vie en ermite pendant une durée totale de 16 ans de 1952 à 1978 ! Il a écrit An Island to Oneself. Aujourd’hui cette île est protégée et déclarée parc naturel de l’archipel des Cooks. Hors saison cyclonique, de Juin à Octobre, elle est habitée par un couple de gardiens qui font payer une taxe aux bateaux de passage. Comme nous arrivons fin Mai l’île est donc déserte et nous profitons avec trois autres voiliers de son décor de rêve sans autorités ; ramassage de cocos, feu de bois sur la plage pour griller le thon rouge qui commençait à prendre de la pace dans le frigo ; moments sympathiques entre apprentis Robinsons.

samedi 14 mai 2011

Les Iles de la Société

Nous sommes en Mars et nous profitons de nos derniers mois d’escale en Polynésie pour visiter l’archipel des îles sous le vent appelé aussi « îles de la société » Huahiné est la première sur la route de l’ouest. Elle nous charme par le cadre de ses mouillages et de son village Faré où il fait bon vivre. Là-bas nous retrouvons Manu et Christina, des amis qui nous indiquent de bons coins où faire son marché. Avocats, arbres à pain, bananes, citrons, pamplemousses, le tout à l’état sauvage aux détours des chemins de traverse ; on se croirait presque aux Marquises, avec une belle piscine en plus. A quelque 40 milles à l’ouest nous arrivons dans un immense lagon aux eaux profondes d’une trentaine de mètres en moyenne qui héberge Raiatéa et Tahaa, deux îles voisines mais néanmoins assez différentes. Raïatea est grande ; on y trouve la deuxième plus grosse ville en nombre d’habitant de la Polynésie Française. Il y a de nombreux commerces dont une place de marché dans laquelle se trouve une photo représentant un thon gigantesque de plus de 900 Kg péché dans les environs !! C’est également le chef lieu de la plaisance : on y trouve tous les loueurs de bateaux et deux chantiers qui peuvent sortir nos voiliers. Tahaa est beaucoup plus petite et on peut en faire le tour complet avec le bateau ce qui n’était pas le cas de Raiatéa. C’est l’île nature, presque sans voitures, tout le monde se déplace en scouter, même nous à l’occasion. Les mouillages sont sympas sauf celui devant l’hôtel relais et châteaux par forte brise. Néanmoins nous ne voulions pas manquer LE spot de snorkeling qui mérite bien sa réputation. Tandis que l’on se laisse porter par le courant dans un mètre d’eau entre deux motus dans une passe étroite qui rejoint l’océan, des myriades de poissons et de superbes coraux défient sous nos yeux ; c’est magnifique …. Et enfin vient le tour de Bora Bora que l’on ne présente plus. Comme nous sommes hors saison, le lagon n’est pas envahi de plaisanciers ce qui est très appréciable pour découvrir ses eaux merveilleusement translucides sans avoir à supporter des voisins bruyants. Bora Bora est vraiment un paradis de la baignade sous la protection bienveillante de sa montagne que l’on distingue de partout. A terre nous sommes déçu par sa ville principale Vaitapé qui n’est pas un modèle d’urbanisme…Cette petite bourgade n’a rien de paisible ni de charmant ; les bâtiments sont laids, les odeurs nauséabondes et rien n’est prévu pour les piétons pourtant nombreux qui déambulent sur son unique route entre les pots d’échappements et les nuages de poussière produits par d’infernales voitures. Mais Vaitapé mis à part nous nous y sentons bien. Il existe des sites beaucoup moins agréables pour attendre la fenêtre météo qui nous poussera, la Mandragore et nous vers les îles Cook !

mardi 1 mars 2011

Tahiti

Deux jours après notre arrivée à Moorea nous décidons de tenter la traversée de 10 milles jusqu’à Tahiti malgré le maramout encore puissant qui souffle dehors. Navigation laborieuse n’en parlons pas… Encore une fois nous arrivons de nuit et il est difficile de trouver une place dans le mouillage surencombré devant la marina Taina. Après quelques tours infructueux nous trouvons une bonne place près du ponton aux annexes. Le lendemain nous avons la surprise de constater que notre plus proche voisin est un ketch noir qui porte le doux nom de Mandragore. Les propriétaires Laurent et Hélène ont nos âges et sont curieusement partis de France la même année que nous.Ils vivent au mouillage dans le lagon depuis un an et après avoir galéré ont obtenu des bons postes ; Laurent dans l’approvisionnement des cargos et Hélène dans la communication à la radio. Ici le marché du travail est bouché. La situation économique de Tahiti est catastrophique. Plus d’un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et le nombre de chômeurs augmente chaque jour. La crise est grave et c’est l’une des premières choses que l’on nous apprend en arrivant. Le fénua (pays en tahitien) subit l’instabilité de son gouvernement, la corruption des politiciens, une baisse de fréquentation touristique importante due à la crise économique mondiale et le retrait progressif de la France depuis la fin des essais nucléaires. Endettés, mécontents, de plus en plus de Tahitiens réclament l’indépendance. Il faut souligner que l’organisation de la société est très inégalitaire. La vie est excessivement chère à Tahiti et le salaire minimum est plus faible que le SMIC français. Par contre certaines professions jouissent de salaires démesurés ; les professeurs expatriés pour des contrats de deux ans par exemple. Les popas (blancs en Tahitiens) avec leur fort pouvoir d’achat accèdent facilement à la propriété tandis que les Tahitiens, majoritairement peu qualifiés, vivent par familles entières dans des maisons modestes sur les bords de route. Pour notre part nous nous installons quelque temps devant la marina Taina. Située à Punaauia, un des quartiers les plus chics de Tahiti, la marina est à une dizaine de kilomètres au Sud Ouest de Papeete. Il existe bien une autre marina plus proche du centre économique de l’île mais celle de Punaauia offre l’avantage d’être bien abritée des vents dominants et d’être à 5 minutes à pied du Carrefour, hé oui... De plus, passée la saison d’affluence des yachtsmen il y a beaucoup plus de place dans le lagon. Au mouillage nous rencontrons des navigateurs bien sympathiques et des amitiés se nouent… De nombreux bus passent devant la marina pour se rendre à Papeete. Le trajet est long car la route de ceinture (celle qui borde l’île) est perpétuellement encombrée de voitures. Heureusement que les jeunes sont là avec leur musique pour égayer les passagers ! Tahiti est une île montagneuse. Les habitations se concentrent toutes sur le pourtour de l’île, laissant la montagne vierge. Le tour, d’une centaine de kilomètres, est vite fait. La côte Ouest est résidentielle tandis que la côte Est aux tombants basaltiques rocheux et aux plages de sable noir est plus sauvage. De nombreux surfeurs s’amusent sur les vagues formées par la houle de Nord. Tout autour de l’île les vallées se succèdent, chacune scindée de rivières où se déversent les eaux mouvementées des torrents issus de cascades plus ou moins spectaculaires. A mi-parcours la presqu’île offre un paysage rural avec des champs tranquilles où paissent des chevaux. D’en haut le panorama est intéressant, dommage qu’à notre passage le soleil n’était pas au rendez-vous. C’est également sur la presqu’île que se trouve le célèbre spot de surf de Teahupo’o avec sa vague mythique où se déroule chaque année une compétition mondiale. Malgré un service de bus, il n’est pas commode de se déplacer à Tahiti sans voiture et d’accéder aux nombreux sentiers de randonnées qui serpentent dans la montagne. Le temps de notre séjour nous avons donc plutôt fait des activités nautiques comme la mémorable sortie en potimarara ; embarcation de pêche à la dorade coryphène typiquement locale. Sur ce bateau à moteur (en moyenne 350 chevaux pour moins de 2 tonnes), le pilote se tient sur l’avant avec dans la main un manche qui selon le mouvement nous fait passer d’un coup sur 90° bâbord ou 90°tribord. Le principe de cette pêche est simple : les oiseaux indiquent où se trouve le poisson, une fois repérée le conducteur lance l’embarcation à pleine puissance à la poursuite de la dorade (Mahi Mahi) et le pêcheur, d’un coup de lance (Patia en tahitien), harponne la pauvre bête déjà bien fatiguée. Sur le lagon, un dimanche matin de Juillet nous avons également eu le plaisir de nous retrouver dans une atmosphère étrange due à une éclipse totale de soleil. Drôle de sensation que d’être dans l’obscurité à cette heure où d’habitude nous sommes déjà en train de rôtir. Je profiterai aussi du tournage du film « L’ordre et la Morale » réalisé par Mathieu Kassovits pour faire mon entrée en tant que figurant dans le milieu du cinéma. Ca ne paye pas lourd mais tout les frais sont compris (voyage en avion aller-retour sur l’atoll d’Anna dans les Tuamotus inclus). Chaque figurant dort dans une tente individuelle et peut se déplacer sur l’atoll avec un vélo qui lui a été remis. Pour les repas c’est réfectoire général au camp de base. Les couleurs de l’atoll sont magnifiques et l’écosystème très riche. Les habitants sont accueillants et Manu qui tient une superette, m’invite à passer le dimanche avec quelques copains sur le motu de son père ; banc de sable à 15 minutes en bateau à moteur du village principal. Nous profitons du trajet pour surveiller les parcs à poissons… Les poissons pierres sont toujours là… Cet intermède cinématographique sur l’île d’Anna me permet de me re-civiliser loin du monde du voilier, à charge pour Agnès de surveiller La Mandragore restée à Tahiti. Mais au bout de quinze jours le temps se fait long. Agacé par la mauvaise organisation, les heures d’attente du tournage et le gaspillage d’argent qui résulte de ce genre de milieu je décide de rentrer plus tôt que prévu. Grand bien m’en prends car le soir même nous essuyons un coup de Maramout au mouillage avec rafales à 45 noeuds ! Le week-end nous apprécions également de se rendre avec La Mandragore sur Moorea ; une île magnifique située en face de Tahiti. C’est beaucoup plus reposant et nous pouvons nous baigner en toute tranquillité dans l’eau turquoise qui entoure le bateau ! Il y a de nombreux mouillages tout autour de l’île dont certains très beaux comme celui de la baie d’Hopunohou où nous avons passés les fêtes de fin d’année avec des bateaux amis ; Mandragore nos voisins de mouillage à Tahiti et Vent de soleil celui de Claude que nous avions rencontré aux Canaries… Des Tahitiens nous garderons une image de gens simples et souriants, amateurs de bière Hinano, de danse et de pirogue. Plusieurs fois ils nous ont stupéfaits comme lorsqu’ils arrosent le bitume toute la journée pour rafraîchir l’atmosphère ou qu’ils tondent un terrain de foot au roto fils !

samedi 31 juillet 2010

Les Tuamotus

Au sud ouest des Marquises s’étend un archipel de 880 km2 célèbre pour ces atolls coralliens bas sur l’eau dont le plus connu est probablement celui de Mururoa, utilisé par la France pour les essais nucléaires : Les Tuamotus. Situé sur notre route vers Tahiti nous nous arrêtons en premier lieu à Ahé ; Pèlerinage obligatoire car c’est sur cette île que le navigateur Bernard Moitessier a passé les derniers moments de sa vie et a écrit son livre Tamata et l’alliance. Ahé, comme tous les atolls des Tuamotus, est une ceinture de petits îlots (les motus) qui émergent en chapelet autour d’un lagon aux eaux peu profondes. Il n’y a pas de routes goudronnées mis à part dans le village principal et l’unique moyen pour rallier les motus reste le bateau. La récolte du coprah (noix de coco concassée) et le ramassage des perles constituent les principales activités économiques de ces îles. C’est peu, surtout en cette période de crise où les fermes perlières tournent au ralenti. Dans le village les jeunes sont désoeuvrés. A peine débarqué qu’ils nous proposent de troquer des perles contre de l’alcool, l’haleine déjà chargée de relents d’ Hinano, la bière locale. Et Doucement les gars, c’est 9 heure du mat’…. C’est dimanche aussi, les églises sont pleines. Des trois lieux de culte de ce tout petit village d’à peine 200 âmes émanent des chants liturgiques en Tahitien. Ainsi nous nous promenons dans des allées vides et avons tout le loisir d’observer les habitations et leurs jardins. Contrairement aux Marquises il y a peu d’arbres fruitiers. N’oublions pas que le sol est corallien donc sableux. Seuls les cocotiers poussent naturellement sur les atolls. La terre doit être importée et l’eau de pluie stockée. Pour l’électricité, des parcs de panneaux solaires sont installés. Nous sommes également surpris de croiser si peu d’animaux « consommables » ; des poules bien sûr mais pas de cochons ni de chèvres. L’aliment protéiné de base est le poisson qui foisonne dans le lagon. Il y a bien une supérette mais les prix sont prohibitifs. Nous restons deux jours et filons vent arrière sur Rangiroa, île voisine distante de 80 miles plus à l’ouest. Rangiroa est la plus grande île des Tuamotus avec 40 miles de long et 17 miles de large. C’est aussi la plus touristique. Son immense lagon est une véritable mer intérieure s’ouvrant sur l’océan via de nombreux chenaux et surtout deux passes profondes, lieux de prédilection des plongeurs, qui abritent une faune sauvage exceptionnelle ; requins et gros poissons en tout genre. Pour les voiliers le passage est délicat car, même si les passes sont larges, le courant est fort et provoque de gros remous à l’entrée. Comme ses consoeurs l’île est plate, balayée par le vent et le tour du motu principal est vite fait en vélo. Pour répondre aux demandes des touristes certaines fermes perlières se visitent, il y a quelques restaurants et des boutiques souvenir au village. Peu emballés par Rangiroa, nous nous ennuyions vite et décidons de gagner rapidement Tahiti. Tahiti est à 200 milles de Rangiroa et nous partons sous 15 nœuds de vent au travers. Alors que la météo s’annonçait clémente, en début de soirée le ciel se couvre, le vent passe au près et monte progressivement à 40 nœuds. Quelques heures plus tard le vent n‘a toujours pas molli. Nous essuyons grains sur grains toute la nuit ainsi que toute la journée du lendemain dans une mer hachée. Par moment les rafales montent à 50 nœuds. La navigation est éprouvante et ce vent contraire, le fameux Maramout, nous empêche de mettre le cap sur Tahiti. Vers 20 heures nous sommes en vue de Moorea, l’île sœur. A 7 milles le vent cesse brusquement, stoppé par les montagnes. Nous gagnons aisément la baie de Cook pour prendre un repos bien mérité.